De Rochas, Thèse, p
4. Kerhallet, Considérations générales, p. 12, Pacific Islands, Sailing Directions, t. T, p. 20. De Sugny, Météorologie nautique, p. 344. Ann. hydrogr., 1859, p. 607.
région des cyclones. Comme les vents d'Ouest d'été, ces ouragans se font sentir surtout dans le Pacifique occidental, où ils se produisent de décembre à mars. Ils offrent une grande analogie avec les cyclones de l'Océan Indien, mais ils sont en général moins violents1.
On les rencontre fréquemment aux Nouvelles-Hébrides, aux Fidji, aux Samoa, à l'archipel de Cook. Ils sont très rares aux Pomotou qui, ravagés en 1878 par une de ces tempêtes, n'en avaient pas éprouvé depuis quarante ans, alors qu'aux Hébrides elles sont presque annuelles. Les cyclones sont absolument inconnus dans le Pacifique oriental au delà du 120° long. W. ; le maximum de hautes pressions du Pérou semble les écarter. En un mot, on les trouve dans les régions et les saisons où l'alizé subit des interruptions ; ils sont seulement les plus violentes de ces interruptions.
Les cyclones ne sont ni très fréquents, ni en général très violents sur la Nouvelle-Calédonie, et la liste des tempêtes de ce genre qui l'ont éprouvée depuis 1853 n'est pas très longue. L'archipel Canaque a été visité par des cyclones aux dates suivantes : 1° le 25 février 1864 2 ; 3° les 23-24 février 1876 3; 3° le 24 janvier 4880 4; 4° les 9-10 février 1880; 5° les 8-9 mars 1880; 6° le 11 mars 1885 5; 7° les 4, 7 et 8 mars 1890; 8° les 5, 6 et 7 mars 1893 6.
Le plus violent de tous ces cyclones a été celui du 24 janvier 1880. Le calme central 7 ayant été ressenti dans le sud de l'île de Lifou et à Nouméa, la trajectoire du cyclone étaitdirigée du N.E. 1/2 N. auS.W. 1/2S., au moins dans le voisinage de l'île, et sa vitesse au centre était de 12 milles 5. Les courbes d'égale pression présentent des anomalies dues à une déformation subie au passage sur la terre, qui atteint son maximum dans la partie correspondant à peu près à l'extrémité Sud de l'île. Les premières couches d'air en mouvement arrivant sur les côtes de Nouvelle-Calédonie à peu près tangentiellement, les ont prolongées et se sont trouvées successivement en retard dans leur mouvement de progression. A Nouméa, rafales épouvantables et furieuse tempête de S. S. E. le 24 à midi; au moment du minimum barométrique (715), à 3 heures du soir, le vent tombe : le centre du cyclone se trouvait alors à 5 milles dans le
1. « Il semble fort délicat, dit M. de Sugny (Météorologie nautique, p. 315), quand on réfléchit aux causes multiples qui font varier l'intensité d'un cyclone, de rien préciser au sujet de la plus ou moins grande violence des tempêtes dans les différentes mers. »
2. Décrit par M. Kulcyski, directeur de l'Observatoire de Nouméa, in Revue mar. et col., sept. 1864, p. 203.