Louvet, p
vent que sur sa direction ; à plus forte raison Bourail, qui est une cuvette, où l'air est stagnant, la brise rare et peu forte.
Tous les observateurs sont d'ailleurs d'accord pour constater, en Nouvelle-Calédonie, de grandes variations de temps et de vent à courtes distances ; c'est un des traits caractéristiques, peut-être le plus caractéristique, des courants atmosphériques en ce pays. — «Nous étions mouillés, raconte Jouan ', depuis plusieurs jours à Ouitoé, à 7 ou 8 lieues au nord-ouest de Nouméa, ayant débarqué là une colonne expéditionnaire destinée à opérer dans l'intérieur.- Lèvent était continuel S.E. ou E.S.E., grande brise. Le 6 février 1861, au coucher du soleil, le temps se chargea dans l'Est de petits nuages pommelés, avec teintes métalliques de mauvais augure. Presque toute la nuit, très fort coup de vent avec pluie torrentielle. Pendant ce temps, la colonne expéditionnaire, campée à quelques lieues de là, avait un temps magnifique, ciel étoile; seulement de notre côté elle voyait le ciel chargé et sillonné d'éclairs. Pendant qu'à Ouitoé nous avions des vents de S.E. et E.S.E., le transport la Ressource, mouillé dans le grand port de Nouméa, à la pointe Est de l'île Nou, avait failli aller à la côte avec vent d'Ouest. »
Inversement2, on ressent quelquefois des vents de N.W sur la côte Est, tandis que la côte Ouest aura les vents de S.E. Le canal de la Havannah est sujet à des changements plus fréquents encore dans la force et la direction de la brise qui y règne. Avec des vents de S.W. au cap N'doua, on peut trouver la brise de S.E. ou d'E.S.E. à la sortie du canal; lorsque la brise est faible de N.E. au large, elle est généralement N. à l'entrée du canal, N.W. et môme W.N.W. au cap N'doua. Les grains franchissent avec difficulté le massif des terres d'Ounia ou de Yaté, et l'on éprouve encore à Toupeti une brise modérée avec un ciel clair, lorsque, depuis 4 ou 5 jours déjà, il vente à i ou 2 ris à l'entrée de la Havannah avec temps brumeux et pluvieux. Ces actions ont beau être secondaires au point de vue de l'étendue de la zone d'action, elles n'en sont pas moins puissantes au lieu où elles agissent : elles importent beaucoup au géographe.
La distinction entre les vents généraux et les vents locaux, l'influence .de certaines circonstances topographiques sur les brises de terre et de mer, sont dans l'archipel calédonien d'une appréciation très délicate8. Lorsque les alizés sont bien établis, ils se continuent quelquefois lanuit; mais ordinairement ils tombent le soir, et sont remplacés par les brises de terre. Ces brises sont assez fréquentes sur la côte ouest, qui est la partie sous le vent de l'île; mais naturellement les localités resserrées entre la mer et les montagnes, comme Nouméa, Bourail, ressentent peu