Instructions nautiques, p
Dans la mer de Corail et autour des îles mélanésiennes situées entre la Nouvelle-Calédonie et la Nouvelle-Guinée, le courant équatorial se continue-t-il, ou a-t-on au contraire des courants alternatifs? Les observations sont insuffisantes pour en décider. L'amiral de Rossel et Dumont d'Urville croient à un violent courant de nord-ouest et ouest-nord-ouest entre la Nouvelle-Calédonie et la Nouvelle-Guinée. Meinicke l prétend au contraire que dans ces parages le courant change avec les moussons et se porte alternativement au sud-est et au nord-ouest. Ce sont là des exagérations : on doit s'attendre à trouver les renversements de courants moins facilement que les renversements de vents. Les courants d'ouest paraissent dominer, tout en suivant le contour des terres, se brisant et se subdivisant d'après les directions que leur imposent ces contours, et donnant lieu à de nombreux remous. Les courants d'est n'ont pas été très souvent constatés. On peut cependant citer l'observation de l' Ariane , qui, en hiver (28 mai-17 juin 1879), a trouvé, entre les Samoa et le détroit de Torrès, des courants d'Est d'une force de 20 à 30 milles; une erreur sur des courants aussi rapides est impossible, et d'ailleurs des pierres ponces étaient entraînées à l'est du cap Saint-Georges, de Nouvelle-Irlande, où avait eu lieu une éruption *. L'existence de ces courants vient compléter la notion des vents d'ouest rencontrés dans ces parages. Elle a une importance considérable non seulement pour l'intelligence du véritable climat de la région, mais aussi pour les relations des flores, des faunes, des populations des divers archipels.
Tels sont les courants généraux qui baignent la Nouvelle-Calédonie. Restent les courants à l'intérieur des récifs3. La mer marne en général de 0m,80 environ dans les mortes eaux et de lm,20 à lm40 dans les pleines-lunes 4; le niveau moyen de l'équinoxe de printemps (septembre-octobre) est sensiblement plus élevé que celui de l'équinoxe de mars-avril. L'île étant défendue sur presque tout son pourtour par la muraille des récifs, l'espace compris entre eux et la terre n'est sujet qu'aux courants périodiques des marées, tantôt assez lents, tantôt très rapides, comme dans le canal de la Havannah, le détroit Devarenne, le Grand-Passage. Leur marche est plus régulière, leur direction mieux connue que celles des courants généraux. Cependant une forte brise accélère ou retarde quelquefois les courants des passes. Le flot porte au nordouest, le jusant au sud-est. Avec les grands vents de S.E., il arrive parfois sur la côte orientale que le jusant ne se fait pas sentir, et que le courant porte constamment au nord-ouest. Sur les deux côtes, le jusant porte en dehors des passes et le flot en dedans.