‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 134 sur 393 · Peterm. Mitteil., 1893, p. 39-44 (et la carte · texte numérisé non relu

Peterm. Mitteil., 1893, p. 39-44 (et la carte

% Quelle différence y a-t-il entre la température de surface de la mer et celle de l'air placé immédiatement au-dessus? Le problème n'a fait l'objet que de peu de recherches (Challenger Expédition, Physics, t. II, Âtm. Circul., p. 48. W. Kôppen, Ann. der hydr.y 1890, p. 445. Thoulet, Océanographie , 1. 1, p. 305). La différence est nécessairement très faible et l'équilibre vite rétabli. Cependant, la température de surface des mers est beaucoup moins variable et en général un peu plus chaude que celle de l'atmosphère surincombante. Dans le Pacifique occidental (Challenger Reports, Atm. Circul., p. 48) les températures comparées, prises de juin 1874 à mars 1875, ont montré partout la mer plus chaude que l'air, ordinairement de 1° 1/2 à 2°, et même, près de Tonga-Tabou, de plus de 2°. Ce n'est qu'en passant au nord de l'Australie, en septembre, que la mer s'est trouvée plus froide que l'air chaud qui soufflait du continent. C'est qu'on se trouvait déjà dans une mer moins ouverte, et sous une influence désertique. Car la différence thermique au profit de la surface marine ne se rencontre, bien entendu, d'une manière constante qu'en mer ouverte.

Est-ce à l'influence de la terre et de la saison qu'il faut attribuer la température de l'air, plus élevée de 1 à 2° que celle de l'eau, constatée par le Bruat les 12-13 septembre, à peu près à mi-route entre la Nouvelle-Calédonie et l'Australie ? (Ann. %drogr., 2e série, t. VII, p. 47). On ne saurait le dire, le nombre des températures prises étant trop peu considérable. D'ailleurs, si la température de la mer est facile a mesurer à bord d'un navire, il n'en est pas du tout de même pour la température de l'air. 11 est bien difficile de trouver une place où le thermomètre ne soit pas influencé par le rayonnement.

3. Louvet, Coup d'oeil, p. 4-5. Il n'y a aucun compte à tenir de la moyenne 25°,5 donnée par M. Legrand (La Nouvelle-Calédonie, p. 159).

pour lesquelles on a des moyennes annuelles atteignent un chiffre supérieur à celui de la Nouvelle-Calédonie : Papeete1 a 25°,8, Apia des Samoa 25°,7, Delanasau des Fidji 26°,2, Levuka des Fidji 25°,9, Tanna 2 25° ,4, Futuna des Nouvelles-Hébrides 25°,1. Mais ces îles sont plus voisines de l'Equateur que la Nouvelle-Calédonie, que Nouméa surtout. Tonga-Tabou 8, dont la latitude se rapproche beaucoup plus de celle de Nouméa, a une moyenne annuelle de 22,°8.

Quant à l'Australie4, Port-Denison et Ravensvood, à la latitude de la partie septentrionale de la Nouvelle-Calédonie, ont une moyenne annuelle de 23° ; Port-Mackay, à la latitude de Nouméa, une moyenne de 22°,8; Moreton Cape et Brisbane, plus au sud, de 20°.

Si l'on suit5, dans l'hémisphère austral, le tracé de l'isotherme annuelle de 23°, on voit qu'elle a un parcours assez régulier et se confond à peu près avec la ligne du tropique, sauf à la traversée des trois continents, Australie, Afrique, Amérique du Sud, où elle s'infléchit au sud de 5 ou 6 degrés, et sur les côtes occidentales d'Afrique et d'Amérique où elle se rapproche au contraire de l'équateur de 10 degrés environ. En d'autres termes, l'Australie aurait, à la même latitude que la Nouvelle-Calédonie, 24 à 25°, l'Afrique 25 à 26°, sauf sur la côte occidentale où elle n'en aurait plus que 16 ; l'Amérique 24°, sauf sur la côte occidentale où elle n'en aurait plus que 20. Ce qui signifie que l'influence de la mer se traduit en définitive, sous cette latitude, par un abaissement de la température moyenne annuelle, abaissement qui atteint son maximum sur les côtes occidentales des continents, où les eaux sont si froides, son minimum sur les côtes orientales.

Mais les moyennes mensuelles de la température sont un élément beaucoup plus important à connaître et beaucoup plus instructif que la moyenne annuelle 6, deux points du globe pouvant comporter la même température moyenne annuelle, alors que l'un subit des extrêmes de température, tandis que l'autre demeure presque sans variation 7. Tandis que la différence entre les moyennes mensuelles atteint 65 degrés en

1. Hann, Meteor. Zeitschr., 1892, p. 143, et, pour Futuna, id., in Meteor. Zeitschr., 1891, p. 136; pour Levuka, Bœhmer, in Meteor. Zeitschr., 1888, p. 444.

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