Louvet, Coup d'œil, p
2. D'après M. Moriceau cependant (J. 0. de Nouvelle-Calédonie, 18 février 1893), les acridiens migrateurs n'apparaissent en grand nombre que dans les années humides. Les grandes invasions correspondraient aux années très pluvieuses.
très considérable. Les vents y sont forts en toutes saisons ; or, l'agitation des airs est un élément des plus importants pour activer l'évaporation, qui marche d'autant plus rapidement que le courant d'air est lui-même plus violent. « On sait l avec quelle vitesse les grands vents durcissent les champs et les chemins humides ; on dirait qu'ils lèchent le sol, tant l'eau des flaques disparaît promptement. » Même dans nos pays, on peut se faire une idée du phénomène en comparant ce qui se passe pour des pluies faibles, lentes et continues, avec temps couvert et calme, et ce qui a lieu pour les averses violentes qui tombent dans certaines tempêtes du Sud-Ouest. Les premières humectent et imbibent profondément le sol, qui ne retire presque aucun bénéfice des secondes, aussitôt évaporées que tombées. Or, ce sont ces dernières qui se rapprochent le plus du type des pluies calédoniennes *.
Le maximum d'évaporation coïncide avec les alternatives de pluies et d'embellies : on a constaté combien ces alternatives sont fréquentes en Nouvelle-Calédonie. Les pluies, qui ne rachètent pas, par la surabondance ordinaire sous les tropiques, l'époque défavorable à leur conservation où elles se produisent, tombent en général dans la saison où l'évaporation a chance d'être grande. La terre et les roches, de couleur ordinairement rouge ou verte, sont sujettes à s'échauffer beaucoup sous ce ciel à nébulosité assez faible, et par conséquent à favoriser aussi Tévaporation. Quant à la végétation et aux forêts qui modèrent son activité et protègent les gouttelettes de pluie contre la radiation solaire, elles font défaut, comme on le verra, en beaucoup d'endroits, particulièrement sur le plateau des Lacs et sur les pentes trop abruptes des montagnes. Si la végétation dépend du climat, on peut bien dire à certains égards que le climat dépend de la végétation 3. Le fait semble très marqué en Nouvelle-Calédonie .
Dans les îles coralliennes, aux Loyalty et à l'île des Pins, la part de l'infiltration est évidemment prépondérante. L'eau se perd dans ces fissures et ces grottes souterraines si nombreuses dont on a constaté la présence. Aucun ruisseau permanent n'existe aux Loyalty4; la seule