‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 177 sur 393 · Bull. Soc. Géogr., 1875, p · texte numérisé non relu

Bull. Soc. Géogr., 1875, p

4. Bull. Soc. Géogr., 1875, p. 575. Instruct. naut., p. 7. Faure-Biguet, p. 20.

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tout à coup en aval, s'enfonce sous sa rive gauche, court avec un grand bruit sous le sol, et vient ressortir par sa rive droite à 1 kilomètre plus loin. C'est seulement lorsque les grandes pluies rendent ce déversoir souterrain insuffisant que le lit superficiel se remplit.

Balansa1, après son ascension du Humboldt, où il éprouva un cyclone et des pluies torrentielles, trouva le N'Goye, ruisseau qui descend du flanc oriental du Humboldt, tout à fait limpide malgré une crue considérable. « Tous les cours d'eau du Humboldt, dit-il, ont leur source vers le tiers inférieur de la montagne, et vont, toujours limpides, apparaître au jour bien au-dessous du niveau de leur chute. C'est le motif qui rend les deux tiers supérieurs du Humboldt complètement dépourvus de sources et de cours d'eau. Après les plus violents orages, on ne voit pas même au fond des ravins la trace du passage des eaux. »

Il serait intéressant d'étudier de près ces phénomènes du Humboldt, sur lesquels on a fort peu de renseignements. Pour la Tontouta, c'est en somme le témoignage unique et suspect de Chambeyron qu'on a toujours répété. Ces phénomènes sont donnés comme de véritables « pertes » de rivières, chose bien commune dans les pays calcaires, mais bien extraordinaire dans ce pays si remarquable par l'absence de calcaire. La Tontouta 2 se perd, dans les maigres, sous un lit de cailloux, un cône de déjections torrentielles dont elle a elle-même encombré sa vallée. En ce sens, on peut dire qu'on l'entend « courir avec grand bruit sous le sol » ; mais il ne semble pas y avoir rien là qui ressemble à une caverne souterraine. Il n'est pas douteux cependant que les eaux ne profitent pour s'infiltrer des réseaux de fentes et de fissures qui traversent la serpentine. A la surface surtout, cette roche est excessivement fissurée, divisée en assises presque régulières par des joints qui ressemblent à s'y méprendre à des plans de stratification, et par d'autres fentes verticales qui la séparent en gros blocs comme ceux des carrières de pierre. L'eau s'y absorbe donc grâce à ces fissures, grâce aussi aux pores microscopiques où elle pénètre par capillarité 3.

Serait-il téméraire de supposer qu'en certains cas on a pris un fait de climat pour un fait de géologie, une évaporation pour une infiltration? Ne pouvant s'expliquer comment le sol paraissait sec, les ruisseaux dépourvus d'eau après de grandes ondées, on aura supposé que l'eau avait été bue par le sol, tandis qu'en réalité c'étaient le soleil et le vent qui l'avaient en partie absorbée, le surplus s'écoulant rapidement sur les pentes presque verticales des hautes cimes. M. Chambeyron ne s'explique

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