Bull. Soc. botanique, t. XIX, p
2. Renseignement oral fourni par M. Knœrtzer, ingénieur des mines en Nouvelle- Calédonie.
3. Renseignements oraux de MM. Pelatan et Knœrtzer, et Pelatan, Les Mines de Nouvelle-Calédonie, p. 41.
pas d'où vient le volume d'eau de la Tontoula à une grande altitude : peut-être ignore-t-il que, comme on Ta dit, il pleut tous les jours sur ces sommets enveloppés de brumes. Néanmoins, il convient de retenir que la serpentine ne conserve guère l'eau à la surface et la laisse se perdre dans les fentes.
Après avoir dit que la rareté des eaux courantes dans la partie sud de l'île ne se comprend que par leur écoulement souterrain, M. Chambeyron tombe dans l'étonnement inverse quand il s'agit de la partie nord : « La grande chaîne du Panié, dit-il J, offre à la vue tant de cascades, dont quelques-unes très considérables, même pendant la saison sèche, que les pluies d'été ne sauraient suffire à leur entretien. » Ainsi M. Chambeyron, qui était surpris de la pauvreté des eaux courantes dans le sud ou à mi-côte, est également étonné de leur abondance dans le nord ou sur les sommets. C'est que «ans doute il a négligé de considérer les variations de climat qui se produisent avec l'altitude, l'exposition et la latitude dans la grande île montagneuse. C'est qu'il a oublié que les serpentines du sud ont une maigre végétation, pendant que la chaîne du Panié est couverte de forêts * : condensation faible et évaporation rapide dans le premier cas, condensation abondante et évaporation faible dans le second.
Ayant ainsi fait la part de l'évaporation et de l'infiltration, il reste à chercher celle du ruissellement. Elle doit être très grande en Nouvelle- Calédonie. La pente est presque partout assez forte pour que la composante de la pesanteur l'emporte sur les actions qui tendraient à faire pénétrer les gouttes d'eau dans le sol sous-jacent. D'ailleurs ce sol ne s'y prête guère. « L'inspection d'une carte topographique permet de reconnaître à coup sûr3 les pays où le ruissellement se produit, en raison de l'imperméabilité du sol, par le nombre considérable des cours d'eau et leur faible importance. » Tel est justement le cas de l'île Canaque. Enfin, sur les pentes dénudées, si nombreuses en Calédonie, la concentration se fait brusquement : l'écoulement de l'eau, pas plus que l'évaporation, n'est ni modéré ni retardé par une végétation puissante 4. Le ruissellement intense concourt à donner à la Nouvelle-Calédonie les allures d'un pays sec; les précipitations, on l'a vu, sont à peine suffisantes par elles-mêmes ; elles sont surtout très irrégulières ; enfin leur effet utile est amoindri par l'intensité de l'évaporation et du ruissellement.