De la Noë et de Margerie, p. 169. Richthofen, p
L'eau qui tombe disparait comme par enchantement et ne séjourne pas sur le sol, qui n'en retire jamais qu'une imbibition tout à fait superficielle.
Le régime des fleuves calédoniens est surtout une conséquence du relief et de la nature du sol. La configuration de la Calédonie, l'impossibilité où elle est de donner naissance à des bassins fluviaux étendus, sont aussi à considérer. Là où, par extraordinaire, le terrain n'a pas une forte pente, c'est-à-dire sur le plateau du Sud, il se forme de petits lacs, dont le
UN TORRENT DE LA COTE ORIENTALE : RIVIÈRE DE BÂ, BAIE LEBRIS. Photographie de M. E. Robin, communiquée par la Société de géographie.
régime n'est d'ailleurs pas moins intéressant à étudier que celui des cours d'eau.
La valeur des pentes suffirait à donner aux cours d'eau de l'île un caractère torrentiel; la nature et la quantité des précipitations sont ici relativement secondaires. Qu'on suppose les rivières calédoniennes, avec un climat restant le même, drainant un terrain peu accidenté, perméable et à bassins fluviaux étendus : on peut croire qu'elles seraient relativement modérées d'allures. Si l'on suppose au contraire ces rivières, le relief restant le même, transportées sous un climat à pluies plus régulières et mieux espacées, leur régime différerait évidemment de ce qu'il est, mais il est à croire qu'elles demeureraient des torrents. Il faut ajouter que, torrents en vertu du relief, les petits sillons fluviaux calédoniens sont également torrents en vertu dja climat. On aurait peutêtre une idée assez exacte de leur régime en se représentant nos torrents
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des Hautes-Alpes ou des Cévennes alimentés par des pluies d'un caractère tropical atténué, mais enfin d'un caractère tropical à certains égards. Les pluies il est vrai n'ont pas une périodicité bien marquée, et on a pu les qualifier de « pluies de toutes saisons ». Maison a noté aussi les violents abats d'eaux, les puissantes averses qui peuvent tomber en quelques heures : « Aussitôt après [les pluies torrentielles *, de tous côtés, semblables à des rubans argentés, des nappes d'eau se déroulent aux flancs des montagnes et descendent dans la plaine avec un grondement de tonnerre lointain. La fin de la tourmente n'est trop souvent que le début de la catastrophe. Des pluies semblables à celles dont on a indiqué le caractère entraînent forcément des inondations. L'eau, amenée brusquement dans les vallons, dont les cours d'eau sont trop étroits pour la contenir, s'échappe à travers la campagne, bondissant, renversant tout sur son passage, ruinant plantations et habitations. »
En certaines années * surtout, les rivières ont des crues très fortes et inondent au loin leurs plaines alluviales. Dans les cyclones, les ravages sont commis par les inondations plus encore que par le vent. A la suite des trois cyclones consécutifs de 1880, on vit, paraît-il a, en mars, le Diahot s'élever à 5m,50 au-dessus du niveau des hautes marées. Ce fleuve pendant la saison pluvieuse remplit en grande partie la large vallée de son cours inférieur 4.
La rivière de la Fonwari 5 est un cours d'eau limpide, sur fond de sable fin et de cailloux blancs. On la passe à gué. Toutefois les grandes pluies en moins d'une heure la grossissent à 1 ou 2 mètres de hauteur, et l'étaient en même temps sur ses rives.
La Tontouta, cette même rivière qui, d'après Chambeyron, présenterait de si étranges particularités, est sujette à des crues très fortes, parce qu'elle descend d'un des massifs montagneux les plus élevés et les mieux disposés pour la condensation qu'il y ait dans la colonie. « Elle grossit considérablement6 dans les grandes pluies, et son courant acquiert, dans ce cas assez fréquent, une vitesse de plus de 2 mètres. »
La cuvette de Bourail 7 est particulièrement bien disposée pour les inondations. AussiM. Nicomède dit-il qu'elles sont «le fléau de Bourail. » La disposition en éventail des rivières de Bourail, leur grande base de développement à leurs sources, de la Table-Unio au mont Boa, leur rapi-