‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 181 sur 393 · Sébert, Notice, p · texte numérisé non relu

Sébert, Notice, p

à ce qu'il semble, les quatre principaux facteurs du régime climatérique et du régime hydrographique de la Nouvelle-Calédonie.

Il faut refuser toute autorité, pour la connaissance du climat calédonien, aux observations faites àNouméa et seulement à Nouméa. Pour voir quel temps il fait, on ne descend pas dans une cave : on monte sur un toit. Étudier les phénomènes météorologiques dans les lieux bas, abrités, c'est vouloir se rendre compte des courants et des vagues de la pleine mer sans quitter les rades et les baies. L'avenir, dit Hann, se demandera sans doute avec stupeur comment nous avons pu espérer comprendre quelque chose aux lois de l'atmosphère avec des observatoires placés comme les nôtres. Nous sommes, nous et nos observatoires, « attachés à la glèbe1 ». Seules, des observations soustraites aux influences locales, c'est-à-dire faites sur mer et sur les montagnes, donneront à la climatologie un fondement rationnel ; il faudra avant tout dégager ces deux grandes inconnues, les véritables conditions climatériques des mers tropicales et des montagnes tropicales.

D'ailleurs les solutions absolues sont rarement, en matière de climat comme en beaucoup d'autres choses, des solutions vraies, et toute classification trop théorique contient nécessairement une part d'erreur. La Nouvelle-Calédonie a-t-elle une saison chaude et une saison fraîche bien tranchées ? A-t-elle des saisons intermédiaires? Est-elle soumise à un régime de pur alizé, ou y a-t-il tendance à la formation de moussons? L'île a-t-elle une saison des pluies bien tranchée, ou des pluies de toutes sai sons? Un climat purement maritime, ou (si étrange que cela puisse paraître pour une île aussi isolée) un climat continental à certains égards? A-t-elle un climat tropical ou un climat tempéré? Aucune de ces questions ne comporte de solution radicale, de réponse par oui ou par non. La conciliation de phénomènes en apparence contradictoires, des gradations et des transitions lentes, voilà ce qu'offre l'étude du climat calédonien.

Qu'est-ce d'ailleurs que le climat « tropical? » Le sens du mot est trop étendu pour ne pas être forcément un peu vide. S'il est susceptible de définition, il faut entendre par là surtout un climat où les saisons sont plus tranchées au point de vue de la pluie qu'au point de vue de la température 2, l'année s'y divisant non plus en saison froide et saison chaude, mais en saison sèche (relativement tout au moins) et saison des pluies. Or, en Nouvelle-Calédonie, c'est justement le contraire qu'on observe : les saisons sont plus tranchées au point de vue de la température qu'au point de vue de la pluie. La vérité est que le climat tropical n'est pas toujours identique à lui-même, comme on se le figure quelquefois. Bien

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