‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 182 sur 393 · Zeiischr. d. d. u. Œsterr. Alpenvereins% 1889, p · texte numérisé non relu

Zeiischr. d. d. u. Œsterr. Alpenvereins% 1889, p

2. Sagot, Manuel des cultures tropicales, p. I et surtout Hann, Klimatologie , p. 377 et suiv.

que la variété soit beaucoup moins grande que dans nos pays, i7 y a des climats tropicaux^ et non un climat tropical.

D'ailleurs, tout ce qui peut produire des variations de climat à courte distance se trouve réuni en Calédonie, et particulièrement le plus puissant des éléments de variation, les montagnes. Aussi on ne peut rien dire de général en ce qui concerne le climat de l'archipel Calédonien : tout dépend de la latitude, de l'exposition, de l'altitude, d'une foule de circonstances topographiques locales *. Variations simultanées à courtes distances d'un même élément climatérique, vent, température ou pluie ; variations au même lieu des divers éléments climatériques d'une heure à l'autre, d'un jour à l'autre, d'un mois à l'autre, d'une année à l'autre, telle est la règle en Nouvelle-Calédonie,

La comparaison du climat calédonien avec le climat algérien du littoral a souvent été essayée 2. On a voulu établir entre les deux pays une similitude qui n'existe pas en réalité. La situation géographique est trop différente; l'Algérie attachée k un grand continent et la Nouvelle-Calédonie isolée au milieu du Pacifique ne sauraient se ressembler. Si l'on s'en tenait aux températures moyennes annuelles et même mensuelles, l'assimilation paraîtrait possible. Mais il en est tout autrement si l'on s'adresse aux extrêmes de température : l'égalité de température, si elle est bien moindre en Nouvelle-Calédonie que dans les îles de la Sonde ou les Salomon, est cependant beaucoup plus grande qu'à Alger. La marge générale de la température est à Nouméa, on l'a vu, de 26° ; elle est loin d'atteindre le chiffre d'Alger, qui est de 35° pour l'oscillation extrême moyenne, de 42° pour l'oscillation extrême absolue 3. L'exagération thermique de l'été algérien, les gelées en hiver, le sirocco, la nébulosité beaucoup plus faible, sont autant de traits qui empêcheront toujours d'assimiler le climat d'Alger à celui de Nouméa. En admettant même qu'à des altitudes supérieures de la grande île Canaque, dans les hautes vallées et sur les plateaux, la température se rapproche davantage de celle du bassin de la Méditerranée, il restera toujours une différence capitale dont on ne semble pas comprendre l'importance et qu'on n'a nulle part signalée : la différence de la saison où tombent les pluies. En Algérie, les pluies coïncident avec un abaissement de température et la saturation est presque absolue en hiver ; la sécheresse de l'air est très grande en été et les précipitations y font défaut. Même avec les réserves qui ont fait dire que la Nouvelle-Calé-

1 . Il y faudrait donc de trts nombreuses stations météorologiques ; on n'en a pas fondé moins de 54 aux Iles Sandwich ; à ceux qui s'étonneraient de ce chiffre et le trouveraient inutile, M. Hann fait remarquer les variétés qu'introduisent dans Parchipel les conditions topographiques {Meteor. Zeitschr., 1893, p. 262).

2. Bull. Soc. acclimatât., 1882, p. G02 ; 1883, p. 684; 1884, p. 851. M. A. Legrand, Nouvelle-Calédonie, p. 160.

3. D'après la carte de van Bobber (Peterm. Mitteil., 1893, taf. 20).

donie n%est pas un vrai climat tropical, et qu'elle a des « pluies de toutes saisons », l'assimilation demeure impossible. Si la saison sèche n'est pas bien tranchée en Nouvelle-Calédonie, il n'en est pas moins vrai que c'est la saison chaude qui reçoit la plus forte part des pluies ; or, les pays méditerranéens présentent exactement le phénomène inverse : non seulement c'est l'hiver qui est la saison des pluies, mais la saison chaude en est si bien dépourvue qu'on ne peut à aucun degré les appeler des pays à « pluies de toutes saisons ». Pour tout dire d'un mot, Alger a une saison sèche bien marquée qui est l'été, Nouméa a une saison sèche peu marquée qui est l'hiver.

On doit donc laisser de côté une comparaison qui ne conduirait qu'à des erreurs. Le climat de Lisbonne ressemblerait plus au climat de Nouméa que celui d'Alger. Si l'on veut trouver les vrais termes de comparaison, il faudrait choisir des groupes insulaires dont la situation présente des ressemblances avec celle de la Calédonie : les Canaries, les Sandwich, la Réunion. Mais les Canaries sont situées à Y Ouest et non à VEst d'un grand continent désertique, ce qui change tout. Les Sandwich sont dans l'hémisphère nord, plus isolées de tout continent que la Calédonie, et ont d'ailleurs un régime de pluies d'hiver plus marqué. Reste la Réunion, qui occupe, par rapport à Madagascar et à l'Afrique, une position symétrique de celle de la Calédonie par rapport à l'Australie. Aussi trouve-t-on entre le climat de ces deux colonies de réelles ressemblances, malgré l'altitude beaucoup plus grande qu'atteignent les montagnes de Bourbon et la différence, plus prononcée qu'en Calédonie, entre les côtes exposées à l'alizé et celles qui en sont garanties *. Mais somme toute, les comparaisons les plus fructueuses sont celles qui portent sur les archipels voisins de la Nouvelle-Calédonie, ou même sur la côte australienne qui lui fait face.

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