‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 184 sur 393 · Bull. Soc. Botan., t. XVI, p · texte numérisé non relu

Bull. Soc. Botan., t. XVI, p

3. Voir la bibliographie de la flore dans Léon Vallée, Essai d'une bibliographie de la Nouvelle-Calédonie. La liste est trop longue pour qu'on la donne ici ; il faut la compléter par Zahlbrùckner, Beitrag tur Flora von Neukaledonien (Annalen der k. k, naturhistor. Hof-museums, t. III, 1888), qui comble les lacunes de la bibliographie de M. Vallée. En fait de travaux postérieurs à ces deux bibliographies, on peut signaler notamment ceux de MM. Heckel, dans Ann. Fac. Se. Marseille, 1892, t. II. p. 101, et Beauvisage Revision de quelques genres de plantes néo-calédoniennes, 1894.

difficile, que non seulement il reste beaucoup à étudier dans les collections, mais que même les travaux déjà publiés pourraient bien être, au dire des botanistes, susceptibles de quelques modifications '. Tous ces essais sont d'ailleurs fragmentaires; ils présentent rarement des vues d'ensemble et ne s'élèvent guère au-dessus des descriptions d'espèces. MM. Bureau et Poisson continuent les travaux de Brongniart et se préparent à donner la flore de la Nouvelle-Calédonie, que ce dernier ne put achever avant sa mort. Si incomplètes que soient les connaissances actuelles, elles permettent de signaler les traits saillants et les caractères généraux de la flore dans l'archipel Canaque. C'est là ce qui importe aux géographes. De même que le relief terrestre en Calédonie dérive de sa constitution géologique avec toute la netteté désirable, de même le caractère de la végétation dépend étroitement du sol qui la porte et de l'atmosphère qui la baigne. Nulle part ce lien n'est mieux marqué, ainsi qu'on va essayer de le faire voir.

Les dépôts meubles formés par la décomposition des roches sousjacentes sont du plus grand intérêt pour le géographe 8. Ce sont ces dépôts qui frappent le regard, qui donnent au paysage son aspect particulier, qui favorisent ou empêchent la végétation. Rien n'est plus complexe d'ailleurs que l'étude de ce sol superficiel, trop souvent négligé par les géologues; d'un point à un autre, il varie avec les conditions climatériques dont il est le résultat final, et qui l'ont toutes plus ou moins marqué de leur empreinte, avec les roches de composition diverse sur lesquelles se sont exercées ces actions du climat 3. On a coutume de distinguer4 les terrains à sol végétal indépendant, formé de matières de transport, et les terrains à sol végétal autochtone, originaire du sous-sol. Cette distinction n'est intéressante que si elle est appliquée à de vastes espaces, et d'ailleurs elle ne se constate pas partout avec netteté. Dans les déserts, il y a opposition manifeste entre les régions de transport qui sont les dunes et les régions de dénudation qui sont les hamada. Dans le microcosme Calédonien, les régions supérieures, où le sol n'est pas recouvert de terre végétale, sont des régions de dénudation ; les régions moyennes sont la zone où les matériaux de

1. M. Brongniart parait avoir eu une tendance exagérée à créer des genres nouveaux et des espèces nouvelles.

2. V. surtout le chapitre de Richthofen, Filhrer, p. 456, et la carte de Berghaus, Physikal. Atlas, n° 4 {Géologie, n° 4).

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