Richthofen, Pùfirer, p
4. Richthofen,. Fûhrer, p. 460. Supan» Grundzltge, p. 590. Risler, Géologie agricole, p, 2î.
destruction sont en général restés sur place, augmentés de ceux descendus d'en haut ; les régions inférieures sont des domaines de dépôt. Ces régions s'enchevêtrent et se combinent de façons très diverses. Comme il arrive d'ordinaire dans les pays de montagnes ou de collines très abruptes, la dénudation et le transport marchent de pair et se poursuivent, simultanément '. D'ailleurs, on le répète, il ne faut pas demander à cette classification une rigueur qu'elle ne comporte pas : il est évident que si l'on considère un champ labouré et un pré situés côte à côte, le vent, s'il fait sec, enlèvera des particules meubles du champ et les déposera sur le pré. D'une manière toute générale et abstraction faite de l'action de remaniement par les eaux courantes, ce sont des terres formées sur place par l'ameublissement et la décomposition des roches qui constituent le substratum de la végétation en Nouvelle-Calédonie.
Cette terre végétale formée sur place n'est pas partout identique et diffère (quoique moins radicalement qu'on ne pourrait s'y attendre) suivant la nature des roches dont elle dérive. On passera successivement en revue, à cet égard, les diverses formations qu'on a distinguées dans l'archipel.
Dans les parties de la Grande-Terre qu'occupent les terrains primitifs, les régions supérieures 2 sont en général désolées et stériles; décomposés et ravinés par les eaux, les micaschistes forment des escarpements d'argile ferrugineuse rouge-brique. Cependant, certains cantons sont bien boisés. Plus bas, la pente devient plus douce et le sol moins ingrat se couvre de pâturages. Sur les versants des contreforts s'étalent quelques cultures indigènes ; enfin, au pied des dernières pentes, s'étend une étroite bande de terrains fertiles. Quant aux serpentines anciennes associées aux terrains primitifs, elles sont d'ordinaire très décomposées à la surface, et se désagrègent en arènes plus ou moins feldspathiques, plus ou moins magnésiennes, kaolinisées en partie et toujours fortement ferrugineuses. On ne trouve la roche inaltérée, dure et compacte, qu'à quelques mètres de profondeur sous les affleurements*. Dans la région des terrains sédimentaires, la décomposition des schistes donne des argiles, celle des grès donne des sables.
Mais c'est surtout le sol superficiel de la grande région serpentineuse qui offre un caractère très spécial. On sait que la serpentine présente en Nouvelle-Calédonie beaucoup de variétés et que, parfois très dure et presque inattaquable, elle est au contraire dans d'autres parties de l'Ile très facilement et très profondément altérée. C'est principalement de la décomposition de la serpentine à bronzite 4 que proviennent les argiles