‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 186 sur 393 · Pelatan, p. 43-4 ô · texte numérisé non relu

Pelatan, p. 43-4 ô

qu'on rencontre dans toute cette région, y jetant la note vive de leur coloration rouge violacée* Ces argiles sont à la fois alumineuses et magnésiennes, plutôt alumineuses en général. Les agents qui les ont formées ne se sont pas bornés à transformer la serpentine en argile et à. dépouiller celle-ci d'une partie de sa magnésie; ils ont aussi amené une concentration du fer, à l'état de fer hydroxydé, en certaines régions et particulièrement près des affleurements des amas argileux. Le fer hydroxydé se trouve réuni soit en petits grains sphériques, soit en rognons plus ou moins volumineux, noirâtres, d'aspect scoriacé; il forme au sein des argiles, dont il modifie complètement la manière d'être et la coloration, tantôt des conglomérats, tantôt de véritables poudingues ferrugineux à gros éléments. Quant aux euphotides * associées à la formation serpentineuse, certaines variétés sont de même peu altérées, pendant que d'autres sont complètement décomposées et se transforment en une sorte d'argile ocreuse plastique. Enfin les roches feldspathiques injectées dans les serpentines se kaolinisent aux affleurements, qui se dessinent en longues traînées blanches sur les flancs rougeàtres des montagnes magnésiennes et ferrugineuses.

On comprend que l'aspect général de la formation serpentineuse soit d'une grande originalité 8. Parfois la raideur des versants est telle que les roches elles-mêmes s'écroulent en immenses éboulis pierreux à travers la maigre végétation. A mesure qu'on s'élève peu à peu, toute trace de verdure disparaît. L'ossature rocheuse des crêtes est recouverte» sur presque toute son étendue, d'un épais manteau rouge d'argile ferrugineuse, crevé çà et là par des cônes rugueux de serpentine verdàtre. Ce manteau, de rouille par place, ailleurs de sang, raviné par les pluies et sur lequel rien ne pousse, donne au paysage un cachet de sauvage grandeur. Ce ne sont partout qu'entassements énormes de blocs ferrugineux, scoriacés et noircis, que prodigieux effondrements de l'argile, prolongés en longues balafres pourprées le long des pentes. Très loin dans le bas se déroulent les vallées toutes vertes, où courent d'imperceptibles cours d'eau. C'est surtout la région du Sud qui présente cet aspect singulier. Dans le massif du Humboldt 3, le sol est d'une teinte un peu moins rouge que dans le sud. Au-dessus de 1000 mètres, les minerais de fer, les limonites, l'argile rouge, si abondants à une limite inférieure, notamment entre 200 et 600 mètres d'altitude, disparaissent complètement.

En somme, la Nouvelle-Calédonie est essentiellement composée de schistes et d'argiles; or, les schistes ne sont que des argiles comprimées, qui se délitent et reviennent à leur état primitif. Les produits d'oxyda-

l.Pelatan, p. 49-51.

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