Richthofen, p
différer suivant les agents climatériques, gelées, vent, pluie ou chaleur, auxquels ils doivent leur origine : c'est aussi leur qualité et leur nature. Et c'est effectivement ce qu'on observe '. Dans les pays tropicaux humides, le lessivage est beaucoup plus complet que dans les climats secs. Les substances nutritives, même moyennement solubles, disparaissent presque entièrement sous l'influence des pluies abondantes; et ce lessivage est d'autant plus complet qu'il s'agit de régions plus élevées et à plus forte pente. De là l'opposition si nette qu'on remarque dans certains pays tropicaux * entre les sols fertiles des vallées et des parties basses qui ont réussi à retenir des matières nutritives solubles, et le sol fortement lessivé de la latérite des hauteurs. Le fait est très frappant en Nouvelle-Calédonie et bien des singularités s'y expliquent de cette façon.
L'influence des agents physiques et chimiques qui, en s'attaquant aux roches, forment le sol superficiel, est bientôt suivie d'une autre : c'est la destruction des restes de plantes dans le sol et la formation des substances qu'on appelle généralement l'humus 3. Bien qu'on sache aujourd'hui que cet élément n'a pas, dans la croissance des végétaux, la part prépondérante qu'on lui attribuait jadis, il est clair qu'il joue un rôle considérable par ses propriétés chimiques. De plus, il s'échauffe et se refroidit lentement, enfin il retient l'eau.
Or, la formation de l'humus est essentiellement un phénomène de climat. Les meilleures conditions sont une humidité et une chaleur moyennes, les plus mauvaises sont la chaleur unie à la sécheresse, comme dans les déserts, et, à un moindre degré, dans les pays méditerranéens. Mais même dans les régions tropicales humides, lorsqu'il y a une saison sèche ou des périodes sèches accentuées et prolongées, la formation d'humus est faible. On ne trouve pas, en somme, dans les contrées tropicales, des accumulations de substances végétales en rapport avec la masse des plantes qui y vivent \ C'est sans doute que la décomposition est trop rapide par la chaleur sèche, fait encore aggravé par celui-ci, que la période de repos de la végétation coïncide avec la sécheresse, et non, comme dans nos pays, avec le froid et l'humidité.
D'ailleurs, pour qu'il y ait de l'humus, il faut que la végétation soit abondante, cela va sans dire. La végétation favorise en outre la formation du sol d'une manière purement mécanique. Indépendamment de la protection qu'elle lui donne contre l'eau, le vent et le soleil, elle retient les particules meubles apportées par les eaux et les empêche d'aller plus loin. Elle arrête la désagrégation et surtout l'entraînement