Dehérain, Chimie agricole, p
4. J. Garnier, Voyage autour du monde, Océanie, île des Pins, Loyalty et Tahiti, Paris, 1871, in-16, p. 48.
5. E. Heckel, Coup oVœil sur la flore générale de la baie du Prony et sur sa distribution en zones (Annales de la Faculté des sciences de Marseille, 1892, t. II, fascic. VI, p. 105, d'après Jeanneaey/.
loin, dans une brume pâle, de hautes montagnes ferment l'horizon. Le sol est noirâtre, la végétation clairsemée, tordue, rabougrie, l'eau des lacs dort sans une ride. Pas un vol d'oiseau, pas un souffle dans l'air; c'est lugubrement grandiose. »
On comprend qu'une végétation très spéciale doit couvrir cette contrée. On pourrait l'appeler « la végétation du minerai de fer », car le mot d'argile rouge ne donne pas une idée exacte de la constitution du sol de cette région . Certaines parties sont absolument dénudées. Cependant sur ce sol ingrat, siliceux et ferrugineux, absolument compact, quelques plantes réussissent à s'établir. Ce sont en général * des broussailles basses, mais robustes; des arbres aux troncs énormes et surbaissés, tordus et noueux, supportant des branches grêles, et inclinées dans une direction opposée à celle des vents régnants. Ces végétaux prennent un aspect rabougri dont témoigne le langage vulgaire ; on dit : le Kaori rabougri, le Cèdre rabougri, le Pin ébouriffé de la région des Lacs. Ils ont à peine 1 mètre à im,50 de haut, alors qu'ailleurs ils atteignent les statures les plus élevées. — Les espèces qui ont réussi à s'établir semblent puiser en grande partie leur nourriture dans l'atmosphère* ; ce sont des arbres xérophiles à feuilles très coriaces: des Conifères, des Apocynées, des Myrtacées, des Épacridées, très peu de Graminées ou de Composées. On n'y trouve pas de Légumineuses. Les feuilles de ces végétaux accumulées sur le sol forment, dans les parties basses ou en cuvettes, des amas d'humus où peuvent prendre pied d'autres espèces appartenant aux Àraliacées, aux Fougères, etc.
Tel est l'aspect du plateau proprement dit et des flancs mal arrosés, c'est-à-dire tournés vers l'intérieur, des chaînes encaissantes. Mais la variété est si grande en Calédonie qu'elle ne se laisse pas réduire en des formules étroites, et qu'aussitôt une caractéristique indiquée, il faut y apporter des correctifs. Avec la composition de la roche, l'état de destruction, la pente, l'exposition, l'altitude, des différences considérables se produisent dans cette région même du sud de l'île Canaque. Tantôt 3 on trouve des îlots debelles futaies au milieu d'espaces stériles et arides, tantôt des endroits complètement dénudés au milieu de parties couvertes d'une végétation touffue. « A de larges intervalles, dit M. Chambeyron 4, on rencontre des bois très fournis d'arbres au feuillage sombre, figurant comme des oasis semées sur ce vaste plateau de fer. La végétation est arrêtée aussi net sur la limite du bois que si elle sortait d'une caisse enterrée jusqu'aux bords. » Les ravins qui aboutissent à la baie du Sud, les flancs mêmes des montagnes que leur orientation