La Nature, 1875, p
5. Drake del Castillo, Remarques sur la flore de la Polynésie et ses rapports avec celle des terres voisines, Paris, 1800. Id., lllustraliones florœ insularum maris Pacifici, Paris, 1886. M. M. Treun (Notices sur la nouvelle flore de Krakatau, Ann. Jard. Botan. de Buitenzorg, 1888, p. 213), donne un autre motif de cette localisation des fougères dans l'intérieur des lies.
Aux Sandwich et dans la plupart des îles de climat analogue à celui de la Nouvelle-Calédonie, on rencontre une zone inférieure boisée, od l'humidité est assez abondante par suite de la diminution de la pente, de la présence des rivières et du voisinage de la mer; une zone moyenne non-boisée, plus sèche, enfin une zone supérieure boisée, par suite de la recrudescence de précipitations résultant de l'altitude. C'est bien à peu près ce qu'on observe en Nouvelle-Calédonie ; mais la constitution géologique, la configuration de l'île, toutes les circonstances éminemment spéciales qui la caractérisent, accroissent encore cette diversité.
En résumé, bien qu'il soit assez difficile d'indiquer par des chiffres, en l'absence de documents précis, la part qui revient à chacune des régions végétales qu'on a distinguées, les forêts tropicales ne paraissent pas occuper une superficie de plus de 130 000 hectares (l'archipel en ayant près de 2 millions) f. Il n'y a pas lieu d'en être trop surpris. Le type de la forêt tropicale est réalisé, comme on sait, là où l'on rencontre la température la plus égale et l'humidité la plus grande. Or, ces conditions sont bien loin d'être parfaitement atteintes en Nouvelle- Calédonie; la végétation a donc en général un caractère mixte entre la forêt tropicale et la savane ; c'est ce qu'on nomme la brousse, c'est-àdire quelque chose d'assez analogue, en somme, au scrubb australien *, voire même au maquis corse. La brousse occupe au moins 1 million d'hectares. Quant aux pâturages à graminées et à niaoulis, ils peuvent couvrir environ 700000 hectares, et doivent ressembler aux prairies du Queensland.
La végétation ne revêt pas en Nouvelle-Calédonie ce cachet de développement luxuriant qu'elle a dans beaucoup d'îles du Pacifique; tous les naturalistes ont été frappés de cet aspect triste du pays, comparé aux merveilleuses formes végétales des îles de l'archipel indien et même des autres archipels mélanésiens : « On ne trouve plus ici, dit Meinicke 3, les profondes et marécageuses forêts vierges qui sont si caractéristiques de la Mélanésie ; » les plaines arides et sèches font plutôt penser à l'Australie, et la ressemblance est si grande qu'elle s'impose à tous les observateurs. Queiros disait des Nouvelles-Hébrides « qu'il n'y a pas de contrées si belles en Europe, et que bien peu les égalent en Amérique \ » On n'en saurait dire autant de la Calédonie. Cook l'avait très bien remarqué : « Le pays, dit-il, ressemble en général beaucoup à quelques cantons de la Nouvelle-Hollande situés sous le même parallèle. Les forêts