Balansa, Bull. Soc. Botan., t. XIX, p
3. Gaudichaud, Botanique du voyage de Freycinet, p. 60. Drake del Castillo, Remarques sur la flore de la Polynésie, Paris, 1890. Id., Flore de la Polynésie française, 1893. Cette importante question de l'origine des flores insulaires tire grand profit des études de M. Treub. art. cité. On a eu à Krakatau une instructive expérience réalisée en grand par la nature. Cf. Hensley, Insular F lovas (Science Progrets, 189*, p. 27).
turels formés de productions végétales enlevées aux rivages del'Océanie par les hautes marées, et qui, réunies en bancs immenses, lui rappelaient les trains de bois de nos rivières », suffit pour faire comprendre quelle facilité de diffusion peuvent trouver par là les graines de certains végétaux. Les plantes de la végétation littorale océanienne ont pour la plupart des graines qui flottent aisément et peuvent se conserver un certain temps dans l'eau de mer. On objectait jadis à cette théorie la direction des vents et des courants, qu'on croyait être continus et de même sens de chaque côté de l'équateur. On a montré qu'il n'en est pas ainsi ; même en dehors de la région des moussons, les vents et les courants n'ont pas une telle régularité qu'ils puissent empêcher l'apport de plantes croissant dans l'Inde ou dans l'archipel Malais.
D'autres plantes paraissent être d'importation humaine l ; tels sont sans doute la canne à sucre, les patates, les ignames, l'arbre à pain, les bananiers, peut-être le cocotier. Celui-ci est localisé sur le littoral, alors que les palmiers vraiment calédoniens, appartenant à des genres très particuliers, sont réfugiés sur les montagnes. C'est la même opposition qu'entre les Bambousées et le reste des Graminées.
Enfin certaines plantes se sont introduites assez récemment pour que l'importation ait été dûment constatée *. Tels sont deux végétaux dont l'action destructive est considérable et la force d'expansion très remarquable, le Lantana Borbonica et YAsclepias curassavica.
Le Lantana Borbonica a été introduit par les maristes dans leur propriété de Saint-Louis, d'où un agent de cultures de l'administration en prit des boutures pour faire des haies à la ferme de Yahoué. Cette plante s'est tellement multipliée qu'elle couvre aujourd'hui une surface de 30 à 40 hectares, où il est impossible de pénétrer ; elle s'avance tous les ans, étouffant devant elle la végétation indigène ; les merles des Moluques, importés pour manger les sauterelles, sont friands des fruits du Lantana /ils transportent ses graines à de grandes distances et le propagent rapidement. D'abord confiné à Saint-Louis, Yahoué, Koé, il a gagné, en sept ou huit ans, Bouloupari, la Foa, Bourail, et même le nord de l'île. Toutes les plaines et les collines sont rapidement envahies, les pâturages anéantis.
UAsclepias curassavica a été, d'après la légende, apporté à l'état de graine par un gendarme de Taïti, dans un traversin fait avec les aigrettes plumeuses de cette plante, qui s'est développée avec une prodigieuse rapidité; ses graines ailées se fixent sur la peau du bétail, qui les dissémine un peu partout. Ses rhizomes traçants la rendent difficile à