‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 202 sur 393 · Jouan,Af4m. Soc. Se. Cherbourg, 1865, p · texte numérisé non relu

Jouan,Af4m. Soc. Se. Cherbourg, 1865, p

2. Maxime Cornu, Végétation de Nouvelle-Calédonie : plantes étrangères et plantes indigènes (Revue scientifique, 1873, p. 17). Cf. Notice géographique sur le 4e arrond., p. 36.

extraire ; mais, après avoir rendu pendant quelque temps une prairie improductive, et détruit toute la végétation herbacée, elle disparaît pour aller porter ses ravages plus loin ; c'est en quelque sorte une plante nomade.

Un autre exemple de naturalisation non moins curieux est fourni par une plante plus petite, mais d'un effet désastreux. Des produits venant de Sydney avaient été emballés dans du foin d'Europe et apportés en Nouvelle-Calédonie. Le foin resta sur place, et l'année suivante une graminée se montra ; elle ne tarda pas à s'étendre, fut remarquée comme nouvelle par les Canaques eux-mêmes, qui lui donnèrent un nom. Un mariste la montra à Balansa, qui reconnut le Cynodon dactylon, le vulgaire chiendent; en Nouvelle-Calédonie, cette graminée couvre maintenant les endroits stériles, et tue les autres végétaux qui y poussaient auparavant.

Dans toutes les terres où les Européens s'établissent, il se produit des introductions et des acclimatations semblables. Il serait curieux et intéressant d'étudier dans chaque contrée les progrès de la végétation adventice et de suivre les péripéties de la lutte des nouveaux venus avec les anciens possesseurs du sol.

En résumé, on trouve d'une part la flore endémique de l'île, entièrement formée de végétaux ligneux appartenant aux familles des Rubiacées, Myrtacées, Protéacées, Gonifères, Apocynées, Artocarpées, Euphorbiacées, Araliacées, Epacridées, Saxifragées, Dilléniacées, Sapindacées, Sapotées, Palmiers, Pandanées, etc. Toutes ou presque toutes les plantes de ces familles sont exclusivement calédoniennes, quelques-unes en voie de s'éteindre. Une autre flore, bien différente et au contraire en voie d'accroissement, ne compte comme représentants de la végétation ligneuse que le Niaouli et le Casuarina leptoclada. D'immenses étendues de terrains y sont recouvertes de prairies appartenant à de tout autres familles, Composées, Papilionacées, Graminées, Malvacées, Convolvulacées, Morées, Cypéracées, Ombellifères, etc. Dans ces familles presque toutes les espècesvse retrouvent dans d'autres contrées et sont pour la plupart déjà décrites. Il y a là deux végétations très différentes et très tranchées.

De tous les archipels du Pacifique, celui dont la flore est la plus riche paraît être la Nouvelle-Calédonie. D'après Brongniart, le nombre total des espèces de plantes de Nouvelle-Calédonie actuellement connues s'élève à près de 3000, comprenant 2026 Phanérogames et 965 Crypto-

games *. C'est un nombre évidemment très considérable eu égard à l'étendue de l'île. M. Brongniart pense que les deux tiers environ des plantes calédoniennes sont connus, et que les résultats qu'on peut déduire de cette sorte de statistique ne seront pas notablement modifiés par la suite.

On ne connaît pas exactement le chiffre des espèces endémiques, mais il doit être très considérable. 20 genres sont spéciaux à la Nouvelle-Calédonie. Les nouveautés de cette flore sont rarement isolées ; si Ton rencontre un genre nouveau, ce genre n'est pas monotype, mais donne presque toujours 5, 6, 10 espèces bien caractérisées.

La flore comprend 1694 Dicotylédones pour 332 Monocotylédones. Le rapport des Monocotylédones aux Dicotylédones est donc de 1 à 5 ; c'est une moyenne fort inférieure à celle que présentent la plupart des régions intertropicales *, où les Monocotylédones sont en général beaucoup plus nombreuses (1 à 3). Cette moyenne est voisine de celle que présentent les climats tempérés. Les familles les plus importantes, celles dont la somme constitue à peu près la moitié du nombre total des plantes phanérogames de la flore, sont, dans l'ordre de leur prédominance :

Rubiacées . . 219

Myrtacées 160

Euphorbiacées , 121

Légumineuses 96

Cypéracées 86

Orchidées 7G

Graminées 60

Saxifragées 58

Apocynées 54

Araliacées 52

Sapotées 47

Total 1029

Le caractère exceptionnel de la flore calédonienne est très accusé par ce tableau, et sa constitution apparaît tout à fait anormale. La prépondérance des Rubiacées 3 est un fait remarquable, particulier à cette flore; la grande infériorité des Légumineuses, qui tiennent le premier rang en Australie et dans l'Inde, n'est pas moins singulière. Enfin les Composées, qui dans la plupart des flores occupent un des premiers rangs, sont réduites jusqu'à présent dans les collections à 33 espèces.

Considérée dans son ensemble, la flore de la Nouvelle-Calédonie se rattache à la flore de l'Asie équatoriale et de l'archipel Malais. Mais elle

1. Brongniart, Nouveaux documents sur la flore de Nouvelle-Calédonie, C. R. A. Se . 1874, t. 79, p. 1442. Cf. Brousmiche, Arcli. Méd. nav.t 1884, t. 41, p. 254, dont les chiffres diffèrent peu de ceux-ci.

2. Brousmiche, Arch. Méd. nav., 1884, t. 41, p. 254. Brongniart, C. R. A. Se, 1865, t. 60, p. 641, rectifié et complété dans C. R. A. Se., 187*, t. 79, p. 1442.

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