Brongniart, Annales Se. natw\, 5e série, t. VI, p
réunit à ces caractères plusieurs de ceux de la flore australienne, caractères qui y sont plus prononcés que dans les autres archipels du Pacifique *. Elle forme une région botanique avec les Nouvelles-Hébrides et les Fidji ; c'est le domaine papou de Drude *.
On pourrait dire que la Nouvelle-Calédonie est, selon le mot très juste de Brongniart, un lieu d'atterrissement où l'on trouve des représentants non identiques, mais analogues, de la végétation des terres avoisinantes. La Nouvelle-Calédonie, par suite de sa variété de composition et de son relief, admet côte à côte des plantes sèches et épineuses, des végétaux presque désertiques, sans feuilles et sans ombre, et des végétaux réellement tropicaux, fougères arborescentes et lianes. Aux Fidji, moins riches que la Nouvelle-Calédonie, l'élément australien est moins prononcé, et il fait défaut aux Tonga1; les Composées manquent d'ailleurs dans ces derniers archipels comme en Nouvelle-Calédonie.
La position de l'archipel Canaque semble rendre cette double analogie avec les lies indiennes et l'Australie très naturelle ; mais quand on examine la manière dont elle se manifeste, on aperçoit des singularités très remarquables *. Le caractère australien de la flore de la Nouvelle-Calédonie repose principalement sur la présence dans cette île de plusieurs familles ou tribus naturelles qui abondent dans l'Australie tempérée, mais diminuent rapidement dans les régions tropicales du continent, et disparaissent presque complètement dans les grandes îles qui le séparent de l'Asie. Certains groupes des plus répandus en Australie sont complètement absents de la Nouvelle-Calédonie. Il est d'ailleurs très rare que l'on trouve les mômes espèces en Nouvelle-Calédonie et en Australie. Souvent un genre représenté en Australie par un nombre d'espèces relativement important n'existera en Nouvelle-Calédonie qu'à l'état de témoin, et inversement. Quelques exemples permettent de se rendre compte de ce caractère mixte de la flore calédonienne.
Les Myrlacées B, par exemple, constituent par le mélange des formes tropicales et des formes australiennes un des traits saillants de la flore
1. Parmi les botanistes, les uns insistent sur le caractère indien de la flore Canaque (Heckel, Ann. Fac. Se. Maneille, t. II, p. 101) ; les autres (Grisebach, Végétation du globe , trad. fr., t. II, p. 793) la déclarent complètement distincte de la flore indienne. M. Brongniart est resté dans la note intermédiaire, qui parait être la note vraie. V. aussi le résumé de Tchihatchef, trad. fr. de Grisebach, t. Il, p. 794; Meinicke, t. I, p. 210; Brongniart, C. R. A. Se, I86S, t. 60, p. 6U, et 1874, t. 79, p. 14i2; La Nature, 1875, p. 242; A. Engler, Versuch einer Entwickelungsgeschichte der Pflantenwelt, Leipzig, 1879, II, p. 137 ; Brousmiche, Arch. Méd. na»., 1884. t. 41, p. 254.
2. Cf. Berghaus, PhysikaL Atlas, nos 44 et 49 (Atlas der Pflanzenverbreitung, n«» 1 et 6).
3. Botting Hemsley. Flora of the Tonga Islands [Jown. Linn. Soc., XXX, 1894).