A. R. Wallace, Uland Life, p
Nouvelle-Guinée et à la Méianésie du nord, la Calédonie l'emporte de beaucoup pour le nombre et la variété sur les archipels polynésiens. Il n'est d'ailleurs presque pas d'île du Pacifique qui n'ait quelque insecte comme quelque oiseau qui lui soit propre. Les oiseaux et les insectes permettent de juger, beaucoup mieux que les mammifères et les reptiles, de l'importance biologique delà région calédonienne.
Les renseignements font à peu près absolument défaut sur les poissons d'eau douce de Nouvelle-Calédonie. On sait seulement que les loches d'eau douce, les mulets, les carpes, les goujons (ou des genres analogues), y foisonnent *.
Quant aux mollusques terrestres, d'eau douce et submarins, leur nombre est très considérable; d'après M. Gassies *, ils appartiennent à 28 genres et constituent 380 espèces. Lorsque tout l'intérieur de la grande île et les îlots voisins seront suffisamment explorés, ce nombre sera sans doute encore fort augmenté. Les individus sont aussi très nombreux. Ainsi se justifie pour la Calédonie l'observation de Fischer, que les îles ont presque toujours une population conchyliologique proportionnellement supérieure à celle des continents.
Les Bulimes et les Hélices dominent. Les Bulimes tiennent le premier rang, et ce genre est représenté par d'innombrables espèces, depuis les plus grandes tailles jusqu'aux plus infimes; les uns habitent les calcaires coralliens, les autres les terrains ferrugineux ; les uns sont si nombreux en individus que la terre en est parfois en quelque sorte pavée, les autres sont très rares et subfossiies. Les Hélices au contraire sont petites; les espèces de grande taille sont absentes.
Mais le caractère le plus remarquable pour le géographe est la couleur de ces coquilles. Elle est généralement peu variée, égale et sombre, donnant à l'ensemble des espèces un cachet particulier. Pour les Bulimes, les couleurs dominantes extérieures sont le brun rouge, celles des ouvertures sont le pourpre et le rouge vif. Pour les Hélices, elles sont rarement nuancées autrement que par des lignes foncées sur fonds marron. Ce caractère méritait d'appeler l'attention; si l'on se souvient que le rouge est aussi la couleur dominante du sol calédonien, avec lequel se confondent ainsi Hélices et Bulimes, il est difficile de ne pas y voir un exemple de ces phénomènes bien connus qu'on a réunis sous le nom de mimétisme.