‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 215 sur 393 · M. A. Legrand, p · texte numérisé non relu

M. A. Legrand, p

2. Gassies, Faune conchyliologique terrestre et fluvio-lacustre de Calédonie, lre partie, 1863; 2e partie, 1871 ; 3e partie, 1880.

Dans les eaux fraîches et limpides des torrents qui descendent des montagnes vivent de belles coquilles aux couleurs délicates, notamment des Nérites, des Néritines et des Cyrènes. Dans les petits lacs et dans les eaux saumàtres des marais abondent les Mélampes, les Auricules, les Physes, les Mélanies, les Mélanopsides.

Les mollusques calédoniens d'eau douce ont un caractère tranché et absolument typique. La majeure partie d'entre eux ne se trouve que dans l'archipel Calédonien. Les Loyalty, l'île des Pins, les Bélep participent à la faune Canaque; leurs espèces sont sinon identiques à celles de la Grande-Terre, du moins très voisines dans leurs variations. La condition insulaire se manifeste bien en Nouvelle-Calédonie de la manière indiquée par Fischer *, la présence d'espèces terrestres propres à l'île, avec un air de famille et un faciès général reconnaissable. C'est ainsi que les Bulimes calédoniens ont des caractères communs et forment un groupe zoologique, celui des Bulimes placostyles ou auriculif ormes, dont la Calédonie est pour ainsi dire la métropole ; c'est là qu'on rencontre à la fois les espèces les plus nombreuses, les plus grandes, les plus épaisses et les plus auripuliformes»

Les mollusques calédoniens montrent encore cette absence de stabilité de l'espèce par suite de laquelle tantôt des espèces voisines se confondent en un type unique, tantôt des variétés sont élevées au rang d'espèces. Ce polymorphisme, qui atteint parfois un degré incroyable, cause quelque incertitude dans la classification. Il y a passage insensible d'une espèce à l'autre.

Enfin il faut signaler la coexistence de types qui ailleurs s'excluent : « Tous les genres sont homogènes, dit M. Fischer, mais la réunion des genres est disparate et vient détruire nos idées les plus vulgaires sur la distribution géographique des Mollusques. On n'est pas accoutumé à rencontrer dans la même rivière une Navicelle en compagnie d'un Planorbe, d'une Physe, d'une Mélanopside. » Les botanistes avaient déjà signalé des phénomènes semblables et manifesté la même surprise.

C'est sans doute un effet du climat calédonien, que peuvent supporter à la fois les êtres des régions tropicales et ceux des régions tempérées. C'est surtout, de même que les traits précédents, une conséquence de l'état insulaire. Les particularités observées dérivent de ce que, dans une île, les conditions d'existence et de concurrence diffèrent profondément de ce qu'elles sont sur un continent.

On trouve assez peu d'espèces de mollusques communes aux différentes îles. Chaque groupe, et, pour ainsi dire, chaque île, possède des espèces terrestres spéciales ; seules quelques très petites espèces font exception à cette règle de spécialisation constante. Aux Hébrides et aux Salomon, les

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