‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 217 sur 393 · Saturai Science, 1893, t. III, p · texte numérisé non relu

Saturai Science, 1893, t. III, p

vertébrés est assez restreinte; la faune des invertébrés est au contraire fart riche, bien que toujours fragmentaire, certains groupes ou genres prenant un développement inouï, alors que d'autres font complètement défaut.

Tout cela est un effet de l'insularité, et d'une insularité ancienne. La Nouvelle-Calédonie néanmoins l'emporte de beaucoup par le nombre et la variété des espèces sur les archipels polynésiens. Sa richesse faunique relative vient de ce qu'elle n'est pas purement volcanique ou coralligène ; non seulement elle présente un sol plus varié, mais elle est .aussi de formation moins récente.

La faune marine présente des caractères différents de ceux de la faune terrestre *. La faune terrestre est très spéciale ; la faune marine, bien qu'elle présente aussi des espèces nouvelles, est moins originale, les moyens de dispersion des animaux marins étant très étendus. La faune terrestre est pauvre, la faune marine est prodigieusement riche.

On rencontre dans les parages calédoniens différents cétacés et le dugong *. Sur les petites îles, les côtes et les marais, vit une nombreuse population d'oiseaux marins, mouettes, fous, frégates, phaëtons^ pailleen-queue : oiseaux au vol puissant, dont l'aire d'expansion est aussi considérable que celle des pigeons ou des perroquets est restreinte. Beaucoup de serpents de mer, dont un au moins, une sorte d'hydrophis, est réellement venimeux 3, et des tortues, dont une espèce énorme, fréquentent les côtes de l'archipel.

Peu poissonneuse à Lifou, où la côte est trop escarpée, la mer l'est davantage à Ouvéa. Mais c?est surtout à l'intérieur du récif, qui leur offre une sorte de vivier naturel, que les poissons sont très nombreux. Les traits les plus saillants de cette faune ichthyologique * sont la prédominance des formes à couleurs brillantes et de moyenne taille, particulièrement des Squammipennes, des Labroïdes et des Sciérodermes, puis l'abondance des Theuties et desSciènes, tandis que les Gades manquent, que les Salmones et les Cyprins sont rares. On trouve, comme dans toutes les mers, des Percoïdes variés, des Scombres, des Clupéides, enfin quelques Sélaciens.

Beaucoup de poissons calédoniens sont vénéneux : les uns en tout

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