‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 231 sur 393 · Deplanche, p · texte numérisé non relu

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grêle, plus laide. Pour la taille par exemple, les Canaliens sont d'une stature remarquablement élevée : cela peut tenir à l'infusion de sang polynésien, les Polynésiens ayant une taille beaucoup plus avantageuse que les Mélanésiens. Mais Canala est aussi un des points les plus riches de l'île, et les différences de taille qu'on observe entre les tribus paraissent avoir un rapport incontestable avec la fertilité du soi. M. Bourgarel lui-même convient * qu'elles peuvent dépendre en partie de cette cause.

En réalité, c'est surtout aux Loyalty et à l'île des Pins que les Calédoniens se montrent mélangés de Polynésiens et présentent un type différent du pur type Canaque. Encore les témoignages ne sont-ils pas très concordants. Erskine 2 prétend que les Lifous sont en général plus clairs que les Ouvéens, et que les Mares se rapprochent davantage encore des Polynésiens. Mais les autres observateurs * disent au contraire que c'est à Ouvéa qu'on trouve les plus beaux et les plus purs Polynésiens. Là, sur 3000 habitants, il y aurait 2000 métis (1888) \ Erskine 5 estime qu'aux Loyalty prises ensemble, les cheveux crépus et les cheveux lisses seraient en nombre à peu près égal. En somme, les indigènes des Loyalty différeraient de ceux de la Grande-Terre en ce qu'ils seraient plus grands, plus forts, moins sombres de teint 6.

Ici encore, les mensurations ne font guère ressortir le mélange ethnique. « Sur quelques-uns des crânes de Lifou en effet 7, l'intervention polynésienne se manifeste, mais les données numériques qui la décèlent se trouvent annulées en partie, dans le calcul des moyennes, par celles en sens inverse que fournissent quelques autres têtes dont la morphologie mélanésienne est des plus exagérées. » De même pour les crânes de l'île des Pins. Les trois crânes d'Ouvéa recueillis par la Société Océanienne et donnés au Muséum ne présentent aucune trace de croisement. Ce sont des crânes du type Mélanésien le plus franc Enfin les indigènes de Lifou étudiés par M. J. Deniker ont comme indice céphalique moyen 72,41 (sur le vivant). La couleur de la peau chez la majorité d'entre eux est comprise entre les n°» 28 et 29 du tableau chromatique de Broca. Leur taille moyenne est de lm,64. Ces données correspondent bien à celles qu'on possède sur les Mélanésiens en général, et ne dénotent que faiblement une influence polynésienne 8.

1. Bourgarel, Mém. soc. anthrop., 1865, t. II, p. 375. Il y aurait eu somme combinaison d'une différence géographique et d'une différence d'origine qui s'additionnent.

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