‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 232 sur 393 · J. Deniker, Bull. Soc. Anthrop., 1893, art. cit · texte numérisé non relu

J. Deniker, Bull. Soc. Anthrop., 1893, art. cit

Ainsi le point de l'archipel Calédonien où l'intervention polynésienne est le plus certaine et le plus accentuée ne décèlerait pas cette intervention si Ton s'en tenait aux seuls tableaux anthropologiques : exemple

INDIGÈNE D'OUVÉA (LOYALTY).

Photographie de H. E. Robin, communiquée par la Société de Géographie.

bien fait pour montrer la prudence qu'il convient d'apporter en pareille matière.

Comme les différences d'anatomie, de couleur et de chevelure, les différences de langues * dans l'archipel Canaque se relient d'une part

1. Aux Loyalty comme sur le versant oriental de la Grande-Terre, on peut

à la variété d'origine, d'autre part à la variété des conditions géographiques. Il y aurait en Calédonie, malgré l'étendue relative assez médiocre de l'archipel, plus de vingt-cinq langues différentes et une infinité de dialectes intermédiaires. Quelques personnes admettent seulement trois langues, la première dans le sud-est jusqu'à Canala, la deuxième dans le centre et le sud-ouest, la troisième dans le nord. Mais, tous ces dialectes sont évidemment au fond une langue unique. Le dialecte du district de Touarou, dans le sud-est, serait la plus simple et la plus rudimentaire de toutes les langues mélanésiennes. Les langues de Hienghène et de Balade paraissent plus développées 4.

Aux Loyalty2, d'après Gabelentz, les langues sont mélanésiennes, mais contiennent des mots polynésiens, surtout à Lifou. Il y a une seule langue à Mare, deux très différentes à Lifou, deux à Ouvéa, dont une Polynésienne. Mais presque tous les habitants se comprennent dans la langue de Lifou, qui tend même à se répandre sur la Grande-Terre.

Si l'on compare la population de la Nouvelle-Calédonie à celle des autres archipels habités par les Mélanésiens, on constate des différences sensibles d'un archipel à l'autre, d'une île à l'autre, d'un versant à l'autre d'une même île. « La race mélanésienne, dit Meinicke 3, a la propriété de s'isoler solitairement en groupes ayant leur développement à part. » Cette prétendue « propriété de la race » est un résultat des conditions géographiques qui placent les Mélanésiens dans des îles hautes, longues et étroites, dont les diverses parties communiquent difficilement entre elles, et qui sont séparées des autres îles par des mers larges, aux vents incertains, dépourvues d'abris. C'est par suite de cet isolement, et des mélanges qu'ont subis les Mélanésiens dans des proportions diverses avec des races différentes, que l'on ne trouve guère de traits généraux qui conviennent à tous.

Le domaine géographique de la race papoue comprend * la longue

regarder les différences comme étant au moins autant géographiques qu'anthropologiques. Le fait s'observe dans beaucoup d'archipels, et souvent dans des tlots beaucoup plus rapprochés de l'Ile principale que les Loyalty ne le sont de la Grande-Terre (Ratzel, Anthropog eogr aphte ; t. I, p. 95-96).

1. E. B., Souvenirs de la Nouvelle-Calédonie, p. 36. Bourgey, Notice ethnologique, p. 10. Bourgarel, Mém. soc. anthrop., t. II, p. 394. P. A. C, mariste, La tribu de Wagap. Paris 1890. Meinicke, t. I, p. 232.

2. Von der Gabelentz, Die MeUmesischen Sprachen, Leipzig, 1873. Codrington, The Melanesian Languages, Oxford, 1885. Turner, Nineteen years,p. 511. Id., Samoa, $. 337. B. Gust, Les langues océaniennes , trad. fr-, Paris, 1889. p. 13.

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