‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 240 sur 393 · Leconte, Mémoires pittoresques, t. II, p · texte numérisé non relu

Leconte, Mémoires pittoresques, t. II, p

4. M. 0. Finsch dit bien que les Fidjiens qu'il a vus ne diffèrent pas des gens de Nouvelle-Bretagne (p. 63) ; cela s'expliquerait si les uns et les autres sont mélangés. 11 est d'ailleurs seul de cet avis. Il prétend aussi que les Fidjiens sont nettement Mélanésiens, et les Tongans nettement Polynésiens (p. 22). Les Tongans se rapprochent évidemment beaucoup du type mélanésien. V. Ten-Kate, Contribution à C Anthropologie de quelques peuples de lOcéanie, V Anthropologie, 1893, p. 299; et J. Deniker, Bull. Soc. Anthrop., 1893, p. 800.

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dans les îlots qui entourent la Grande-Terre et dans la plus petite des îles Loyalty, Ouvéa. Il est remarquable que les Polynésiens ont agi d'une manière analogue dans les autres archipels mélanésiens où on les trouve à l'état sporadique, notamment aux Hébrides, et il faut bien croire qu'ils obéissaient en cela à des nécessités de défense qui ont été connues de tous les peuples colonisateurs et des Européens eux-mêmes. Mais ces îlots ne pouvaient nourrir qu'une population assez faible : aussi, séduisant les chefs canaques par la beauté de leurs femmes et leur habileté à construire les pirogues, les Polynésiens réussirent à former quelques petits groupes sur la Grande-Terre. Seulement les métissages répétés les absorbèrent vite dans l'ensemble de la population noire. Comme d'ailleurs, par suite de l'établissement des Européens, les migrations polynésiennes cessèrent absolument, aucun élément nouveau ne s'introduisit, et on finit par rencontrer seulement çà et là des hommes de haute taille, de couleur claire ou à chevelure lisse. Ainsi s'expliquerait ce fait que les observateurs anciens, comme Cook, d'Entrecasteaux, Leconte, sont frappés de la présence de Polynésiens en Calédonie, tandis que les observateurs récents n'en découvrent plus de traces, parce que effectivement il n'y en a plus. Les conclusions de M; Deniker ' paraissent sur ce point très judicieuses : « Les quelques centaines de Tongans débarqués dans ces Régions, dit-il, ont été noyés dans la masse... Ces mélanges sporadiques ont pu produire quelques entrecroisements de caractères, quelques altérations des traits mélanésiens, mais ils n'ont pas donné naissance à une race spéciale de métis, à caractères intermédiaires. »

Il faut remarquer que, si cette migration d'Ouvéa est la seule dont le souvenir se soit conservé, rien ne prouve qu'il n'y en ait pas eu d'autres semblables dans un passé plus ou moins reculé. Mais vouloir comme Bourgarel doser les éléments du mélange est une entreprise vaine.

Il est inutile de dire qu'on ne possède aucun renseignement au sujet de l'arrivée des Mélanésiens en Nouvelle-Calédonie.

Les traditions des Canaques sur leur origine 2 sont absolument incohérentes et ne peuvent fournir aucun renseignement utilisable. On sait seulement que la présence de l'homme est ancienne en Calédonien A diverses reprises, on a trouvé des haches en serpentine dans les terrains pleistocènes. On en a rencontré une 3 à Koutomo \ dans les

1. J. Deniker, Les indigènes de Lifou, Bull. soc. anthvop., 1893, p. 803.

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