Meinicke, t. I, p
3. V. la description des coutumes mélanésiennes dans Meinicke, 1. 1, p. 55; et celle des coutumes polynésiennes ibid., p. 33.
M. Glaumont * que les immigrants polynésiens leur avaient appris à construire des pirogues doubles, à se diriger en mer la nuit par les étoiles, à se tatouer par piqûres, et qu'enfin ils leur apportèrent le tonga. Cela résume assez bien en effet les conséquences de relations avec les Polynésiens. Certaines coutumes peuvent attester des rapports de voisinage ; mais elles ne prouvent jamais une communauté d'origine. Les recherches anthropologiques fournissent seules des indications sur ce sujet.
D'ailleurs la plupart des coutumes sont dénuées de sens même au point de vue des relations entre les peuples; elles sont seulement l'indice d'un certain état social, d'un certain degré de civilisation. Nées de besoins d'une même nature chez des êtres pourvus des mêmes moyens, d'instincts analogues, elles se rencontrent chez les peuples les plus divers, sur les points les plus opposés du globe '.
On se contentera d'indiquer les usages qui ont une signification géographique. Constater un usage n'est rien, si l'on n'en examine l'extension géographique ; en voyant où il se produit, où il fait défaut, et en faisant un retour sur les conditions géographiques des pays comparés, on peut espérer découvrir pourquoi on le rencontre ici et non là. L'absence de certains usages en Calédonie devra aussi attirer l'attention, de même qu'on a constaté les lacunes de la flore et de la faune. Bien que presque aucune coutume ne soit exempte d'une relation avec le sol, le climat, la flore ou la faune, il est clair que le géographe négligera certaines coutumes qui attireront surtout l'attention du sociologue : par exemple les coutumes religieuses. On peut même dire que les coutumes les plus importantes pour le sociologue, qui fait abstraction des conditions locales, sont précisément les moins importantes pour le géographe, et inversement.
Les pays de la zone tropicale fournissent en général à l'homme tout ce qui est nécessaire à sa nourriture; ils ne l'invitent donc pas à chercher des ressources dans le travail, que d'autre part les conditions climatériques rendent pénible ou dangereux. Les pays de la zone tempérée ne fournissent pas en général spontanément à l'homme sa subsistance, et leur climat le pousse au travail. Le climat et la nature