Revue d'ethnogr., 1887, p. 336; 1888, p
2. En s'appuyant sur l'usage de la circoncision et d'autres semblables, M. Glaumont, imitant en cela ce qu'avait fait le missionnaire Petitot pour les Américains, s'est efforcé de montrer les ressemblances, frappantes selon lui, entre les Canaques et... les Hébreux! Il est inutile d'insister (V. Revue d'ethnogr., 1883, p. 73).
du sol, en Calédonie, ne donnent rien sans un travail qu'ils rendent possible par ailleurs. Sous ce rapport comme sous bien d'autres, la Calédonie ressemble donc aux pays de la zone tempérée *.
Si Ton examine en effet les ressources naturelles que la flore et la faune fournissent à l'alimentation, on voit qu'elles sont très pauvres et très précaires *. « Nous reconnaissions de plus en plus, dit Cook *, que les indigènes n'avaient pas assez de vivres pour leur propre subsistance. » Surtout pendant la saison des pluies, la pénurie des Canaques est extrême 4. Le principal privilège des chefs consiste à manger à leur faim, à être les premiers servis, à se réserver certaines nourritures. Le paradis des Canaques est un endroit où l'on mange à sa faim et où l'on se gave d'ignames 5. Les ressources sont instables, et l'imprévoyance accroît encore cette instabilité. L'estomac des Canaques6 paraît doué d'une élasticité qui le rend susceptible de dilatations et de contractions extraordinaires. Ils pratiquent des jeûnes surprenants, à la suite desquels ils sont capables de dévorer des masses prodigieuses de nourriture.
Le cocotier et l'arbre à pain 7, les deux grands moyens d'existence des îles de la Polynésie, viennent mal et donnent peu de fruits en Calédonie. Les meilleures espèces de bananiers ont été introduites seulement par les missionnaires. Dans les disettes et même en temps ordinaire, les indigènes mangent tout ce qu'ils trouvent * : chauves-souris, oiseaux, rats, araignées, sauterelles, insectes, larves de scarabées et de longicornes; ils mâchent les jeunes pousses d'hibiscus liliaceus •, « nourriture dégoûtante et fort insipide », dit Cook i0; ils font des conserves avec le fruit du palétuvier, sucent les tiges de cannes à sucre et diverses racines de légumineuses. Ils étaient géophages, comme l'avait constaté Labillardière u. Enfin leur alimentation présentait ce caractère tout à fait