Cook, t. IV, p
U. Labillardière, Relation, t. II, p. 205. « Les cocotiers, dit de Rossel (Voyage de Dentrecasteaux, 1. 1, p. 355), ne s'élèvent pas à la moitié de la hauteur de ceux des lies des Amis, l'espèce de bananiers est excessivement petite, les arbres à pain sont en très petite quantité, et les naturalistes jugèrent qu'ils n'étaient pas de la bonne espèce. »
anormal qu'ils ne se servaient pas de sel. Ils y suppléaient en partie en mangeant des coquillages, et en buvant de temps en temps de l'eau de mer.
Les Calédoniens ne connaissaient d'excitants d'aucune espèce avant l'arrivée des Européens. L'extension géographique du bétel et du kawa isole la Nouvelle-Calédonie de la manière la plus nette : le bétel, des îles de la Sonde, a pénétré à la Nouvelle-Guinée et aux Salomon : le kawa, des îles polynésiennes, a pénétré aux Fidji et aux Nouvelles-Hébrides, où les deux usages se croisent '. Mais tous deux laissent en dehors l'archipel Canaque. Le piper methysticum existe pourtant sur quelques points de l'île *, mais les indigènes ne connaissent pas ses propriétés et n'en ont jamais préparé une liqueur enivrante.
Quant à l'anthropophagie et au tabou, ce sont, le tabou surtout, à l'origine, des coutumes ayant une signification religieuse ; il est certain aussi que cette signification religieuse est en partie oubliée et perdue en Calédonie, et que les deux usages jouent à certains égards un rôle alimentaire.
Pour l'anthropophagie, les renseignements sont d'ailleurs assez contradictoires 3, les Canaques n'aimant pas beaucoup à s'expliquer sur ce sujet. Les uns prétendent que les Calédoniens mangent la chair humaine surtout en temps de guerre pour s'assimiler la bravoure du ' vaincu * ; d'autres disent au contraire que souvent les chefs tuent leurs propres sujets ou leurs femmes pour les manger. Les médecins insistent'volontiers sur la faim, sur le besoin de chair par suite de l'absence d'éléments azotés et de graisses, d'autres enfin ne veulent y voir qu'une affaire de goût et de simple gourmandise 5. Il y a évidemment divers genres d'anthropophagie ; tout ce qu'on peut dire, c'est que le sens religieux de cette coutume, si net chez les Fidjiens, est bien oblitéré en Calédonie. Le motif religieux a fait place au motif physiologique, au besoin de chair, le besoin de chair lui-même à la gourmandise et à la sensualité. En tout cas, l'anthropophagie est un usage commun aux Mélanésiens et aux Polynésiens.
Le caractère religieux du tabou • est moins obscurci, bien qu'il n'ait
1. Berghaus, PhysikaL Atlas, n° 65 (Vôlkerkunde, n<> 5). Codrington, The Mélanésiens, p. 2. Scott. Geogr. Mag. 1889, p. 124.