‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 248 sur 393 · Bourgarel, Mém. Soc. Anlhrop., t. 11, p · texte numérisé non relu

Bourgarel, Mém. Soc. Anlhrop., t. 11, p

3. Meinicke, t. I, p. 224. Bourgey, Notice ethnologique, p. 38. De Rocho&, Nouvelle- Calédonie, p. 302.

4. Revue d'ethnographie, 1888, p. 84. Opigez, Bull. Soc. Géogr., 1886, p. 433. Bull Soc. Anthrop., 1860, p. 414. lbid., 1870, p. 50.

5. On dit que les Canaques ont actuellement la matière azotée en abondance, mais en font très peu usage, tandis qu'ils sont toujours friands de chair humaine. (M. À. Legrand, Nouvelle-Calédonie, p. 74. Moncelon, Bull. Soc. Anthrop., 1885, p. 362). Mais les coutumes du sauvage ne se modifient pas du jour au lendemain. V. les discussions sur ce sujet dans Bull, Soc. Anthrop., 1888, passim.

6. La Hautière, p. 27. De Rochas, Nouvelle-Calédonie, p. 281.

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pas autant de précision que chez les Polynésiens. Le mot même n?est pas Mélanésien, et ridée qu'il exprimait semble s'être modifiée ; en Calédonie, on a confondu sous ce nom les prohibitions ayant un caractère religieux et les prohibitions sans caractère religieux. « Le tabou polynésien, dit Bourgey *, est le symbole des lois divines, le tabou calédonien, la traduction et la consécration des lois humaines1. » Quel que soit d'ailleurs le caractère du tabou, cette prohibition a évidemment des conséquences au point de vue alimentaire ; comme elle peut porter sur tous les lieux et toutes les choses, tantôt elle a pour conséquence d'affamer une tribu, tantôt au contraire elle ménage ses ressources et les prolonge en temps de disette. La coutume religieuse de détruire en signe de deuil, à la mort d'un chef, tous les cocotiers et les autres arbres de la tribu est également une cause de famine.

Les ressources alimentaires entièrement spontanées sont donc en petit nombre et ne sauraient suffire. Comment s'en procurer ? Les Calédoniens ne peuvent être un peuple chasseur, faute de gibier, ni un peuple pasteur, faute de bétail. Restent deux moyens de remédier à la pénurie de la flore et de la faune terrestres ; ces deux moyens sont la pêche et l'agriculture. C'est ici que les Canaques ont déployé le plus d'ingéniosité, et c'est sous ce double rapport qu'ils sont un des peuples « les plus avancés parmi les Mélanésiens » ou même les Océaniens en général.

Les Calédoniens sont des pêcheurs habiles et hardis. Cook, Labillardière 3 en ont fait la remarque ; « ils suppléent, dit Cook, 4 à l'insuffisance de leurs ressources par la pêche ; les récifs étendus qui entourent l'île leur en fournissent l'occasion. Mais depuis notre arrivée dans le havre, le vent avait toujours été si fort, que les pirogues ne pouvaient se détacher de la côte pour pêcher. » Les richesses animales de la mer, les facilités offertes par le Grand-récif, ont engagé les Canaques, pressés par le besoin, à se livrera la pêche, lorsque les mauvais temps n'y mettent pas obstacle, comme il arrive souvent. Les habitants des Loyalty ne peuvent presque pas pêcher, sauf dans le lagon d'Ouvéa, à cause des grandes profondeurs de la mer; les femmes recueillent seulement de6 coquillages.

Les Canaques ont des modes de pêche 5 très variés, dont quelques-

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