Cook, t. IV, p
5. Revue d* ethnogr., 1888, p. 96. De Rochas, Nouvelle-Calédonie, p. 173. Patouillet, Trot* ans en Nouvelle-Calédonie, p. 114. Me illicite, 1. 1, p. 227.
uns leur sont propres. Ils se servent de filets de diverses grandeurs, en fils de bourao ou de cocotier ; les flotteurs sont des paquets d'écorce de niaouli, des pierres tiennent lieu de plomb. Ils ont des lignes avec des hameçons en serpentine ou en écaille de tortue, et construisent des digues où le flot amène le poisson. Souvent aussi ils prennent des feuilles de cocotier et les placent presque à la limite de la haute mer, à plat sur le sable, la pointe vers la terre. La mer monte, recouvre les feuilles de sable, le poisson passe ; quand elle se retire, elle soulève les feuilles, qui font ainsi sur une longueur de 25 mètres et davantage une barrière fragile, suffisante pour arrêter le poisson, qu'on récolte alors sans peine et abondamment.
Les indigènes pochent aussi par empoisonnement avec des sucs toxiques, notamment ceux d'une liane du genre desmodium *. Ils pèchent à la dynamite, quand ils peuvent se procurer des cartouches, si communes dans ce pays de mines *. Mais ils sont surtout d'une habileté merveilleuse pour la pêche à la zagaie 3 ; pendant des heures entières, ils attendent, armés de leur arc, le passage du poisson, et le percent à 10 et 20 mètres de distance. Enfin ils pochent à la main, en suivant leur proie à la nage.
Le poisson cependant manque souvent, bien que les Canaques sachent le sécher et le fumer. Ils se sont donc efforcés de faire produire quelque chose à la terre. Le défrichement ne présente pas de grandes difficultés, le sol étant souvent dénudé* et la végétation en tout cas peu épaisse. Les Canaques emploient le feu, qui par ses cendres est en outre un moyen de fumure ; chaque année, à l'approche de la saison des pluies, ils allument ainsi de grands incendies. Ils emploient un outil en serpentine, ayant la forme de l'herminette de nos charpentiers, et propre à arracher les racines. On prétend 4 qu'ils savent amender leurs terres avec des coquilles, chose inconnue aux Fidjiens 6 ; mais d'autres auteurs nient le fait, et ne voient dans ce. prétendu amendement que des débris de repas. Une simple perche en bois sert pour labourer et planter ; l'homme défonce la terre à l'aide de ce piquet durci au feu ; la femme, accroupie devant le travailleur, saisit les mottes de terre soulevées par le piquet, les écrase et les triture entre ses mains, lançant à part les racines et les débris jusqu'à ce que la terre soit nette et fine derrière elle : « Je n'ai jamais vu, dit Cook 6, dans aucune autre île de la mer du Sud, les insulaires bêcher de cette manière. C'est qu'ici les plantations exigent des
1 . Ou encore ceux du Cerbera manghas (Jeanneney, La Nouvelle-Calédonie agricole, p. 126).