‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 250 sur 393 · Cook, t. IV, p · texte numérisé non relu

Cook, t. IV, p

soins extraordinaires à cause de la maigreur du sol. » Quand les indigènes ne peuvent labourer assez profondément, ils apportent parfois dans des corbeilles la terre nécessaire.

Les Canaques ont deux cultures principales, le taro et l'igname. Cette dernière * se plante en septembre-octobre ; lorsqu'elle est haute de 20 centimètres, on soutient la tige avec une perche de 2 à 3 mètres de hauteur. La maturité se produit au bout de dix mois, et la récolte se fait en juin. Les ignames sont le fond de l'alimentation, le pain des indigènes ; elles se conservent pendant une année entière, mais à la fête qui suit la récolte, plus du quart de ce qu'on a recueilli disparaît sous la dent des affamés.

Le taro est un farineux comme l'igname ; il renferme beaucoup plus de matière féculente, mais il est inférieur comme rendement et ne se conserve que peu de temps. Il exige plus de soins et de peines, nécessite une culture en terrasses et une irrigation savante. Nul n'a vu ces travaux agricoles sans admiration, en réfléchissant surtout à la pauvreté des moyens dont disposent les cultivateurs. Cook les a décrits 8, et Labillardière 3 compare les petits murs élevés pour arrêter l'éboulement des terres aux pratiques analogues de l'Asie mineure et des pays Méditerranéens. Le Canaque 4 arrête le cours d'un ruisseau au moyen d'un barrage de pierres cimentées par de l'argile et le détourne dans un canal jusqu'à l'extrémité latérale de sa plantation ; il établit en ce point un saut de moulin pour faire arriver l'eau dans un second canal de même largeur et parallèle au premier; il continue ainsi jusqu'au pied de la montagne, qui se trouve sillonnée d'un ruban de canaux, entre lesquels s'étage la verdure des plantations. M. de Rochas, M. Vieillard, virent dans la tribu de Balade les ruines d'un aqueduc de 8 à 10 kilomètres, qui n'avait pas son pareil dans toute l'Océanie. m Quelques-unes des tarodières, dit M. Patouillet5, m'ont frappé d'admiration, notamment à Pouébo, à Baye et aux Ounouas. Chez cette dernière peuplade, des tarodières s'étageant sur deux collines sont réunies parune conduite d'eau creusée dans une bille de bois. » Seuls en Océanie, les Fidjiens exécutent des travaux semblables à ceux des Calédo-

1. Vieillard et Deplanche, Revue Mar. et Col., octobre 1862. Arch. Méd. Nav.t 1888, t. XLIX, p. 233. Meinicke, t. I, p. 226. M. A. Legrand, Nouvelle-Calédonie, p. 52.

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