‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 253 sur 393 · Bull. Soc. Anthrop., 1879, p · texte numérisé non relu

Bull. Soc. Anthrop., 1879, p

Le tatouage \ si largement pratiqué dans les archipels polynésiens, est peu fréquent et peu compliqué en Nouvelle-Calédonie. Le Canaque n'écrit pas son histoire et son arbre généalogique sur sa peau, comme font le Néo-Zélandais et le Nouka-Hiwien. Les tatouages sont peu importants chez la plupart des Mélanésiens 2, et il n'y a pas lieu de s'en étonner, si l'on réfléchit que, par suite de leur teint noir ou fuligineux, ils se confondent avec la peau et n'apparaissent qu'imparfaitement. Les femmes en Nouvelle-Calédonie se tatouent plus que les hommes, tandis que c'est le contraire qui se passe chez les populations à teint plus jaune s.

Le tatouage se pratique le plus ordinairement par le mode dit en relief, qui consiste à obtenir des tumeurs rondes et gaufrées à l'aide de brins d'herbes fixés dans la peau et allumés ensuite. Deux autres systèmes sont usités : le mode par ulcération, par application de certaines plantes vésicantes, et le mode polynésien par piqûres, employé surtout aux Loyal ty.

A côté des déformations artificielles que les Canaques font subir ou essaient de faire subir au crâne, il convient de placer la mutilation de l'oreille 4, très usitée, comme aux Fidji, aux Hébrides et en Nouvelle- Guinée ; le lobule de l'oreille est percé d'un trou et tellement allongé qu'il descend parfois jusqu'aux épaules. On a coutume de percer aussi la partie inférieure de la cloison cartilagineuse qui sépare les deux na rines ; mais, sauf dans quelques tribus, on n'y introduit guère, comme chez d'autres Océaniens, ces bâtons que les matelots de Cook appelaient plaisamment la vergue de beaupré. L'usage des pendants d'oreille est au contraire universel; les Canaques portent aussi des colliers, des anneaux de bras et de jambes, faits avec des coquillages ou des fragments de serpentine, et retenus par des ganses en poils de roussette.

Bien que sous ce rapport ils n'égalent pas encore les Fidjiens, c'est la chevelure qui est la grande coquetterie des Calédoniens B. Elle constitue un échafaudage très compliqué, mais ce n'est guère qu'aux Loyalty qu'on la colore en jaune avec de la chaux. On l'orne de fleurs, de feuilles, de longues plumes. Les peignes sont beaucoup moins bien faits qu'aux Hébrides et en Nouvelle-Guinée. La particularité la plus remarquable est une sorte de bonnet élevé, ouvert en haut, cylindrique, qui ressemble de loin au turban des musulmans.

1. Bourgey, Notice ethnologique, p. 31. Vieillard et Deplanche, Rev. Mar. et CoL, Octobre 1862. G I au m ont, Revue d'ethnogr., 1888, p. 86. Bourgarel, Mém. Soc. Anthrop., t. II, p. 380.

2. Monin, Arch. Méd. Nav., 1882, t. XXXVIII, p. 406. Imtaaus, Nouvelles -Hébrides, p. 41. Notices illustrées, p. 42.

3. Berghaus, Physikal. Atlas, n° 70 (Vôlkerkunde, n° 10). Meinicke, t. I,p.225.

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