Meinicke, t. II, p
« Les maisons des Canaques, dit Cook *, sont construites sur un plan circulaire ; elles ressemblent à des ruches d'abeilles, et ne sont ni moins closes ni moins chaudes. » Elles ont ordinairement à peu près 2 mètres de haut et 4 mètres de diamètre. La charpente est constituée par un gros poteau central, le plus souvent en bois de houp ; tout autour, formant les limites de la case, une vingtaine de poteaux plus petits reliés au poteau central par des perches. La couverture est en écorce de niaouli et en paille. La seule ouverture est une porte basse, de la grandeur qu'il faut pour laisser passer un homme plié en deux. La fumée n'a d'autre issue que cette porte, et le feu est continuellement allumé dans la case, non seulement à cause des moustiques, mais à cause de la fraîcheur de la température pour des hommes non vêtus. On trouve aux Loyalty quelques maisons rectangulaires à la manière polynésienne.
Les cases des chefs * ne diffèrent pas à l'intérieur, mais vues de loin, elles ont beaucoup plus d'apparence, sont hautes de 20, 30, 40 pieds, et forment un cône très allongé, orné d'images de dieux ou de crânes, ainsi que les portes. Ces cases, généralement exhaussées de près de 1 mètre, ne sont pas, comme celles des simples Canaques, transformées en marais lors des grandes pluies. Il existe aussi de vastes cases 3, sortes de maisons communes, mais qui n'ont pas le caractère de temples. M. Bourgarel 4 prétend avoir vu des greniers destinés à renfermer les approvisionnements d'ignames. D'autres observateurs le nient5, et l'existence de ces greniers semblerait en contradiction complète avec l'imprévoyance des indigènes.
Les Canaques sont fort inférieurs comme architectes à tous les autres Mélanésiens, Fidjiens * ou Néo-Guinéens. Les indigènes des Salomon et de la NouvelleJGuinée ont su garantir leurs cases de l'humidité, parce que les pluies plus abondantes leur en faisaient une nécessité; pour cette raison et pour un motif de sécurité, ils bâtissent sur pilotis ou même dans les arbres. Les maisons des Salomon ont un toit très élevé et de véritables portes, grande supériorité sur les Calédoniens. La jolie maison d'Ysabel reproduite par M. Codrington ressemble à un chalet suisse 7.
1. Cook, t. V, p. 8. Labillardière, Relation, t. II, p. 188. Meioicke, t. I, p. 223. Patouillet, p. 72. Opigez, Bull. Soc. Géogr., 1886, p. 431.