‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 257 sur 393 · Glaumont, Revue ti'ethnogr., 1888, p · texte numérisé non relu

Glaumont, Revue ti'ethnogr., 1888, p

4. P. Lambert, Les Hypogées de Vile des Pins {Missions cathol., 1893, p. 20-129). L'hypogée était ordinairement divisé en trois compartiments : le lieu de sépulture des corps, un reposoir pour les crânes, un endroit pour les sacrifices.

5. Monin, Arch. Méd. nav., 1882, t. XXXVIII, p. 429. Notices illustrées, p. 48.

deux ou trois exceptions, il n'y a pas trace de retranchements ; cependant, entre Balade et Pouébo, ainsi que sur quelques sommets, on voit des restes de murailles en pierres qui ont peut-être servi de remparts.

Les villages sont ordinairement peu peuplés : ils ont rarement plus de 60 habitants et de 10 maisons ; quelques-uns ne comptent que 3 ou 4 personnes. Il y en avait cependant autrefois de plus considérables, ayant 50 ou 60 maisons. Les villages sont en général très éloignés les uns des autres, bien qu'on rencontre aussi par exception 4 ou 5 villages groupés.

Comme on peut s'y attendre dans leur état de civilisation, les Canaques ne cultivent jamais plusieurs années de suite le même terrain, d'autant plus que la culture de l'igname épuise très rapidement la terre. Ils ne reviennent à un terrain qu'au bout de sept ans '; c'est pourquoi il leur faut des superficies considérables. Les villages ne sont pas permanents, et émigrent avec les plantations*. C'est donc, si l'on veut, un état seminomade, mais où le déplacement est renfermé dans de très étroites limites, et qui ne ressemble en rien à celui des vrais nomades chasseurs ou pasteurs.

La tribu est la réunion des divers villages qui obéissent au même chef. Elle forme une unité bien distincte, ayant son nom, sa langue, ses coutumes, ses intérêts particuliers. Les tribus sont d'importance fort inégale; elles avaient en général de 500 à 2000 personnes 3. La tribu de Wagap * a été la plus forte de l'archipel calédonien, et elle est encore la plus nombreuse ; la surface qu'elle occupe a, d'après un missionnaire, 15 à 16 lieues le long du rivage, 3 à 4 lieues dans l'intérieur. Aux Loyalty, il y a 4 tribus à Mare, 2 à Lifou, 3 à Ouvéa. Les 3 tribus d'Ouvéa ne donnent pas le même nom à l'île qu'elles habitent.

Chez les Papous de Nouvelle-Guinée 5, il n'y a en général, paraît-il, pas de chef ni de gouvernement constitué ; la seule autorité est celle du chef de famille. De même aux Salomon et aux îles Banks. Au contraire, la société Calédonienne, ainsi que la société Fidjienne plus compliquée encore 6, semblent s'être organisées sur le modèle de la société polynésienne ou sous l'influence dirigeante d'immigrants polynésiens. Certains traits de la constitution politique, le contraste qu'ils présentent avec la grossièreté des Canaques à d'autres égards, paraissent à Meinicke de nature à autoriser cette conclusion.

Chaque tribu 7 est un petit État, que gouverne un chef ou roi, très

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