Bull. Soc. Anthrop.y 1888, p
J&. Meinicke, t. Il, p. 27. Rochas, Revue Alger., 1859, p. 235. 7. De Rochas, Nouvelle-Calédonie, p. 240. Bourgarel, Mém. Soc. Anthrop., t. H, p. 405. Revue d'ethnogr., 1888, p. 335.
honoré comme chez les Polynésiens : « Son autorité, dit de Rochas f , est immense ; elle n'est pas précisément despotique, mais sacrée. » Le chef2 est une divinité, et devient un dieu après sa mort; sa personne est inviolable ; certains aliments lui sont réservés : la chair humaine, le dugong. A la fête des ignames, souvent toutes les provisions de la tribu lui sont offertes. Il a donc le grand droit de ne pas mourir de faim. Sa charge est héréditaire, cependant son successeur est élu parmi ses fils, et s'il n'en a pas, son frère lui succède. Il y a des chefs de plusieurs degrés, que distingue l'insigne qui surmonte leur case. Du chef suprême de la tribu dépendent des chefs inférieurs placés à la tête de chaque village; le roi a près de lui un autre chef, dit chef de guerre; il est entouré d'un conseil de vieillards qui l'assiste.
Le reste de la population se divise en deux classes : les nobles, qui possèdent le sol, et les serfs. Dans le territoire de la tribu, une partie est la propriété privée des chefs et des nobles, le reste est la propriété collective de tous. Mais le pays étant très accidenté et les parties cultivables très disséminées, il en résulte que les terres d'un village ne sont pas d'un seul tenant, d'autant plus que les deux principales cultures exigent des terrains différents, l'igname des terrains secs, le taro des terrains humides ou irrigables *.
Les coutumes religieuses des Canaques v ne sauraient être étudiées ici en détail. Comme les coutumes politiques, elles dérivent peut-être à certains égards de celles des Polynésiens ; la signification religieuse de divers usages s'est oblitérée chez les Calédoniens. 11 existe des prêtres, sorciers ou takatas, dont la charge est héréditaire. Le culte des morts est le fond de la religion; les dieux, qui sont mauvais et cherchent à nuire, sont les âmes des morts, surtout les âmes des chefs, qui transmigrent souvent dans le corps des animaux notamment des requins, dans les vents, le tonnerre, etc. Ce sont les esprits des aïeux qui gouvernent les éléments et troublent l'ordre de la nature. C'est surtout aux funérailles que la religion joue un rôle, et on attache beaucoup d'importance à tout ce qui concerne les reliques des morts et les cimetières. On trouve aussi, à ce qu'il semble, quelques traces du culte de la pierre et du culte des astres, mais associés au culte des morts.