‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 260 sur 393 · Cook, t. V, p · texte numérisé non relu

Cook, t. V, p

7. « Us n'ont pas de nom commun pour toute l'île », dit également Turner (Samoa*

8. Revue d'ethnogr., 1888, p. 93. Bourgey, Notice ethnologique, p. 50. Glaumont, Revue d'ethnogr., 1888, p. 99. La Hautière, p. 20».

thropophagie. Ce n'est guère qu'aux Loyalty que les danses perdent leur caractère féroce pour prendre un peu de la grâce qu'elles ont chez les sociables Polynésiens.

La guerre ' se fait pour les motifs les plus futiles, enlèvement d'une femme, destruction d'un tabou. Tantôt elle est déclarée par un homme coiffé d'un masque hideux, tantôt elle se fait par surprise et sans avertissement préalable. Les hommes valides, teints en noir ou en jaune pour se rendre plus affreux, partent sous la conduite du chef; les partis en présence se surexcitent par des injures, puis des combats singuliers s'engagent, rarement une lutte générale. Lorsque quelques guerriers sont morts, on se retire ; les corps des morts sont mangés par le vainqueur, et les crânes servent de trophées. Mais si l'on tue peu de monde, on dévaste beaucoup : les guerres perpétuelles contribuent à produire les famines et les épidémies, que les Canaques appellent « suites de la guerre ».

L'ingéniosité des Calédoniens, comme de presque tous les Mélanésiens, s'est tournée du côté de l'invention des armes. « La quantité de leurs armes offensives, dit Cook, doit faire croire que malgré leur inclination pacifique, ils sont quelquefois en guerre. » Ils n'ont pas d'armes défensives, mais savent utiliser d'une manière très intelligente les défenses naturelles que présente la configuration du sol2. Les armes favorites des indigènes sont les casse-têtes, qui ne les abandonnent jamais, même au sein de la tribu ; l'un d'eux surtout, dit en bec d'oiseau, produit de re • doutables blessures. La belle hache en serpentine, qu'il faut des années pour user et polir, est l'arme réservée aux chefs. Les Calédoniens manient la sagaïe avec une adresse extrême ; la portée moyenne de la sagaïe à main libre est de 100 mètres, et cette distance est doublée par l'emploi de la lanière. Les frondes avec lesquelles ils lancent des pierres rondes et polies, qui font des blessures profondes comparables à celles des balles, portent à 300 et même 400 mètres; dans aucun autre archipel ce genre d'armes n'est aussi usité. Il est tout à fait remarquable d'autre part que le Canaque n'use presque pas de l'arc et des flèches s, qui sont pourtant très employés chez les autres Mélanésiens, particulièrement chez les Néo-Hébridais 4. Les Calédoniens les connaissent, mais ne s'en servent guère, sauf pour la pêche; peut-être ne savent-ils ni les fabriquer, ni les manœuvrer à la guerre5. C'est là un des traits

1 . Meinicke, t. I, p. 230. Bourgey, Notice ethnologique, p. 41 . Opigez, Bull. Soc, Géogr., 1886. Montrouzier, Revue Mar. et Col., 1860, t. I, p. 375. Revue cTethnogr., 1888, p. 109. Patouillet, p. 140. J. Garnier, Océanie, p. 82.

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