Bourgey, Notice ethnologique, 'p
3. Meinicke, t. I, p. 229. Bull. Soc. Anthrop., 1860, p. 401.
4. Revue d'ethnogr., 1888, p. 354. Imhaus, Les Nouvelles-Hébrides, p. 50.
5. L'absence de grands animaux qu'on puisse chasser et atteindre avec ces armes peut jouer aussi un rôle (Ratzel, Anthropojeographie, t. II, p. 700).
de ce particularisme, de cet « endémisme insulaire » qui introduit de si grandes différences dans les usages d'un archipel à l'autre '.
En résumé, les Canaques de la Nouvelle-Calédonie ont beaucoup de coutumes qui leur sont propres. La famille est faiblement constituée, la tribu Test très fortement, en vue de la guerre. Certaines coutumes ou certains ustensiles qu'on rencontre en général chez les autres Mélanésiens font défaut. Certaines habitudes qu'on trouve de préférence chez les Polynésiens ne sont pas inconnues ; mais à peine peut-on conclure de ces coutumes à des relations de voisinage, qui sont d'ailleurs attestées par des faits plus certains ; on n'en peut évidemment rien inférer pour ce qui regarde l'origine, la race, le métissage.
Il convient d'ajouter qu'il s'agit en tout ceci de la société canaque telle que les Européens l'ont trouvée lorsqu'ils sont entrés en contact avec elle. Aussi a-t-on cru devoir invoquer souvent le témoignage de Cook, comme le premier et le plus ancien. La plupart des traits qu'on vient d'énumérer ne s'appliquent plus guère aux Canaques actuels; cette société, dont on a cherché à montrer le fonctionnement normal, est actuellement non seulement transformée, mais dissoute. C'est cette transformation, cette dissolution au contact des blancs qu'il reste à étudier.
1 . L'effet de l'isolement insulaire se fait donc sentir sur les coutumes à peu près de la même manière que sur la race. V. sur ce 'point les considérations do Ratzel, Anthropogeographie, t. II, p. 698-699 : « Die meisten und bezeichnendsten F aile von beschrankter Verbreitung treten uns naturgem&ss auf den Insein entgegen... Folge der Beschranktheit und Isoliertheit ist der Mangel des Nebeneinanderwohnens verschiedener Vôlker, welches eine Hauptursache des etbnograpbischen Reichtums ist... Jedes Verbreitungsgebiet eines ethnograpbischen Gegenstandes hat seine Lùcken, aber sicfùllen sich, wo sie rings am Gebiete des Vorkommens grenzen, wieder cinmal aus. Was auf einer lnsel aufgegeben ist, das kann viel scbwerer zurûckgebracht werden. »