Bull. Soc. Anthrop., 1885, p
4. M. A. Legrand (p. 116) parle de 200 000 Canaques à la fin du xviu« siècle. Mais sur quels indices !
et les cases abandonnées ne doivent pas être regardées trop facilement comme des marques de diminution du nombre des indigènes f.
Vieillard et Deplanche évaluaient de leur temps la population de l'archipel calédonien à 45 000 habitants, dont 15000 aux Loyalty; de Rochas *, à 40 ou 50000, dont 12000 aux Loyalty (en 1862). En tout cas, on peut estimer la population des Loyalty au tiers ou au quart de la population de la Grande-Terre, qui est cependant beaucoup plus étendue. Ces îlots sont donc comparativement beaucoup plus peuplés que la Calédonie proprement dite ; c'est que le peuple est navigateur, va chercher sa subsistance au dehors, et envoie des colonies sur la Grande- Terre.
A l'époque de l'occupation française, la population de l'île principale se montre échelonnée sur le littoral, s'établissant de préférence au bord des rivières, où elle rencontre le double avantage de la fécondité du sol et de la pêche. Dans les plaines de l'ouest, elle s'écarte plus volontiers de la mer, et quelques tribus ont renoncé de gré ou de force au littoral pour s'établir dans l'intérieur. Mais dans l'est, les migrations vers l'intérieur sont moins faciles, parce que les vallées se rétrécissent beaucoup plus rapidement. Aussi, au fur et à mesure qu'on s'écarte du rivage, on voit les villages devenir de plus en plus rares ; à deux ou trois lieues de la mer, on ne rencontre plus que des habitations isolées.
En 1885, M. Moncelon 3 pensait qu'il y avait dans l'archipel calédonien environ 40 000 indigènes, dont 25 000 à 30000 sur la Grande-Terre, plutôt moins que plus, et 14 000 ou 15000 dans les annexes de la Nouvelle-Calédonie, Loyalty, île des Pins, Bélep, etc. En 1887, un recensement donne des renseignements relativement exacts: à cette date, les Canaques auraient été au nombre de 41 000, dont 19 000 aux îles Loyalty *. Enfin en 1891 , un dernier recensement 5 indique 33000 Canaques, dont 12000 aux Loyalty (10000 à Lifou et Mare, 2000 à Ouvéa). L'île des Pins en contient un millier.
Sur la Grande-Terre, les indigènes ont presque disparu dans le sud de l'île. Les groupes les plus importants se rencontrent sur le versant oriental au nord de Canala (2200 sur le territoire de Canala, 4500 sur celui de Houaïlou, 2200 dans la région de Touho, 2100 dans celle de Ouégoa). Sur le versant occidental, les groupes les plus forts sont qpux