‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 264 sur 393 · Bull. Soc. anthrop.y 1885, p · texte numérisé non relu

Bull. Soc. anthrop.y 1885, p

4. V. les tableaux du recensement dans Journal officiel de Nouvelle-Calédonie, 7 janvier 1888. Les chiffres donnés par M. Mimande {Revue des Deux-Mondes, 15 mai 1893, p. 423), et dans les Archives de médecine navale (1891, p .88) paraissent se référer à ce recensement, mais ne sont pas exacts.

5. V. les tableaux de recensement dans Journal officiel de Nouvelle-Calédonie, 9 avril 1892.

des territoires de Gomen (1000) et de Koné (1600). Les Canaques sont en somme d'autant plus nombreux qu'on s'éloigne davantage de Nouméa et des points habités depuis plus longtemps par les blancs. C'est la région comprise entre Canala et Hienghène qui en compte actuellement le plus *.

Si la décroissance du nombre des Canaques, sauf peut-être aux Loyalty, n'est pas douteuse, les recensements sont trop imparfaits et trop récents pour permettre d apprécier sur l'ensemble la rapidité de cette décroissance. On peut mieux la constater sur des points particuliers: en 1878, les vallées de Canala et de Nakéty comptaient plus de 2500 indigènes ; en 1887, 1900 seulement2. A Pouébo3, en 1856, la tribu avait 1500 habitants; en 1864, 7 à 800: pendant le cours d'une année, on compta 150 décès et 50 naissances. A l'île Ouen, d'après le P. Chapuis, en 1865, la population passa de 130 habitants à 95.

Le dépérissement, puis l'extinction des sauvages, notamment des indigènes d'Océanie et d'Amérique, lorsqu'ils se trouvent en présence de l'homme blanc, est un fait sur lequel on a beaucoup écrit. La vie civilisée et la vie sauvage semblent incompatibles sur le même sol. Mais cette disparition ria lieu que si le climat est favorable à la race blanche : « Quand, dit Darwin, des nations civilisées sont mises en contact avec des sauvages, la lutte est courte, excepté là où un climat dangereux vient aider la race indigène 4. »

En outre, l'extinction n'a lieu que si les indigènes sont véritablement des sauvages, ce que les Allemands appellent des Naturvôlker ; les indigènes de l'Algérie ne diminuent pas, comme on l'avait cru sur la foi de statistiques trompeuses, les Annamites de l'Indo-Chine ne tendent pas à disparaître : c'est que Berbères et Annamites ne sont pas des sauvages, ce sont seulement à certains égards des barbares, ce qui est assez différent. Pour les Calédoniens au contraire, les deux conditions nécessaires à leur disparition se trouvent réunies. M. de Rochas 5 croit que « les peuples chasseurs et nomades disparaissent forcément, mais non les peuples cultivateurs et sédentaires comme les Calédoniens. » C'est là une erreur : la vie nomade n'est ni un signe de race, ni un signe

1. V. Notices géographiques sur le 4e et le J»c arrondissement pour les tribus du nord, beaucoup moins nombreuses qu'on ne Pavait cru : « Si l'on basait un recensement sur la relation entre le nombre des cases et celui des indigènes, on serait exposé à commettre les erreurs les plus grossières. Indépendamment du groupement ordinaire qui constitue le village, les Canaques du nord possèdent souvent deux ou trois cases disposées le long des rivières, et que l'indigène occupe au gré de son caprice >» {Notice sur le 4e arrondissement, p. 37).

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