Vieillard et Deplanche, Revue mar. et col., sept
3. Schreiner, Essai historique sur la Nouvelle-Calédonie, 1882, in- 16, p. 53.
ment avant d'aller se perdre à Vanikoro? La chose est possible, mais on n'en peut apporter aucune preuve, bien qu'on l'ait essayé f.
Les inquiétudes qui régnaient sur le sort de La Pérouse déterminèrent une nouvelle expédition *. Une pétition en ce sens fut déposée à la barre de l'Assemblée constituante, le 22 janvier 1791, par la Société d'histoire naturelle de Paris. Un décret de l'Assemblée, du 9 février 1791, invitait le gouvernement à faire toutes les recherches possibles pour découvrir les traces de La Pérouse 3. En ce qui concerne la Nouvelle- Calédonie, les Instructions 4 prescrivaient de suivre la même route que la précédente expédition ; on ne devait pas chercher à reconnaître la côte N-.E., déjà vue par Cook, et que La Pérouse n'avait pas dû visiter, mais se porter vers la côte Sud-Ouest et l'explorer avec soin. Louis XVI, cette fois encore, s'occupa personnellement des préparatifs. Deux flûtes de 4 à 500 tonneaux, la Recherche, commandée par l'amiral de Bruni d'Entrecasteaux, accompagnée de YEspérance, commandée par Huon de Kermadec, partirent de Brest le 29 septembre 1791.
L'expédition d'Entrecasteaux fut malheureuse; non seulement elle n'atteignit pas son but principal, qui était de retrouver La Pérouse, mais les deux commandants moururent en cours de route, l'indiscipline se mit dans les équipages, décimés par les maladies, enfin les restes de l'expédition, que ramenait en France un navire hollandais, tombèrent au pouvoir des Anglais.
Les renseignements sur le voyage proviennent de diverses sources : la relation de M. de Rossel, un des lieutenants de d'Entrecasteaux, publiée en 18085; celle du chevalier de Fréminville, d'après les journaux particuliers de diverses personnes de l'expédition ; celle du naturaliste de la Recherche, Labillardière6, la plus intéressante des trois. Enfin l'ingénieur Beautemps-Beaupré publia un Atlas7 de vues et de plans. On a appelé ce dernier le père de l'hydrographie; sa méthode, imaginée précisément pendant ce voyage, consiste en ce que deux perspectives
1. Un bambou gravé serait un souvenir du passage de La Pérouse en Nouvelle- Calédonie {B. Soc. Géogr., 1888, p. 387). M. J. Garnier (Ocrante, p. 0 ») apporte comme preuve un témoignage oral. V. aussi Bouquet de la Grye, Bull. Suc. Géogr., 1858, p. 443; Ricnzi, Océanie, t. M, p. 31)7 ; J. Garnier, Bull. Soc. Géogr., 1860. Tout cela est bien vague.