‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 279 sur 393 · De Rossel, t. I, p · texte numérisé non relu

De Rossel, t. I, p

quer des hommes de l'équipage. Aussi Rossel dit-il * que « la barrière de corail qui environne ces insulaires est faite pour empêcher qu'on aille se faire dévorer par eux. » « Je doute, dit-il ailleurs *, qu'aucun navigateur soit tenté d'aborder à cette côte, dont l'aspect offre peu de traces de végétation, et conséquemment peu de ressources. Mais la disposition des montagnes, et ce qu'on peut conjecturer de leur organisation, est bien propre à exciter la curiosité d'un minéralogiste; leur configuration ne ressemble à aucune autre. »

Les navires quittèrent Balade le 9 mai 1793, allèrent reconnaître les récifs que Cook avait découverts au nord-ouest de la Nouvelle-Calédonie, poursuivirent ensuite leur route vers le nord, et passèrent le 19 mai devant Vanikoro, où l'on eût peut-être pu retrouver quelques survivants .du naufrage de La Pérouse. La géographie de l'archipel Canaque n'avait pas reçu de cette expédition un bien grand accroissement : « Par leur suite, leur exactitude et la confiance qu'ils peuvent inspirer, a dit Dumont d'Urville, les travaux de cette expédition surpassent tous ceux qui avaient été faits jusqu'alors, et n'ont encore été surpassés par aucun de ceux qui ont été exécutés depuis. » Malgré l'autorité de son auteur, c'est là un jugement trop favorable, auquel, en ce qui concerne tout au moins la Calédonie, on ne saurait souscrire sans réserves3.

Presque en même temps que d'Entrecasteaux, deux Anglais avaient visité la Nouvelle-Calédonie. L'un d'eux, le capitaine Hunter 4, celuilà même qui, au Cap, avait fourni des renseignements sur le naufrage de La Pérouse, monté sur le navire hollandais la Vigilance, découvrit en 1791 l'extrémité méridionale du grand récif extérieur, et se trouva dangereusement engagé dans la grande baie formée par les récifs du sud et ceux de l'île des Pins. L'autre, le capitaine Kent, commandant la frégate anglaise Buffalo, entra le premier, en 1793, dans le port Saint- Vincent, qui avait échappé à d'Entrecasteaux, et y séjourna six semaines; il l'a exploré et décrit d'une manière assez complète. Les nombreuses découpures de la cAte et les îles qu'il signale dans le S.-E. de Saint-Vincent lui avaient fait pressentir les baies de la Dombéa et de Nouméa, mais il ne les a pas visitées.

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