‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 280 sur 393 · Rossel, t. 1, p · texte numérisé non relu

Rossel, t. 1, p

3. Les motifs de cette appréciation doivent être, senoble-t-il, cherchés dans ce fait que M. de Rossel, membre de l'expédition d'Entrecasteaux, favorisa et inspira le voyage de d'Urville. Lecoute déclare, au contraire, que l'inexactitude des plans de l'expédition d'Entrecasteaux causa le naufrage de la Seine et de beaucoup d'autres navires [Mémoires pittoresques, t. Il, p. 4 85).

4. Rrusenstern, Mémoires hydrographiques sur COcéan Pacifique, in- A, Pétersbourg, 1824, p. 202. Chambeyron, Instructions nautiques, p. 2.

Depuis les voyages de Cook et d'Entrecasteaux jusqu'à celui de Dumont d'Urville, aucune reconnaissance authentique ne semble avoir été faite de l'archipel Calédonien. Les nombreux voyages de circumnavigation qui parcoururent le Pacifique après la paix de 1815 négligèrent cette terre, réputée si dangereuse pour les vaisseaux, de peu de ressource pour le commerce. Cette réputation, jointe à ce qu'on savait de l'anthropophagie des indigènes, éloignait également les armateurs de Sydney '.

Les îles Loyalty avaient échappé à Cook. D'Entrecasteaux avait passé, en avril 1793, à quelques lieues de l'île la plus septentrionale du groupe, mais n'avait signalé que les petits îlots Beaupré * qui s'y rattachent, et qui prirent leur nom de l'hydrographe de l'expédition. L'histoire des premières découvertes des Loyalty est enveloppée d'une certaine obscurité. L'affirmation souvent répétée que Raven, commandant la Britannia, aurait donné le nom de son navire à l'une des îles, probablement Mare, découverte par lui en 1803, est fort sujette à caution *. D'autres disent que les Loyalty furent aperçues en 1800 par le vaisseau Walpole. On ne sait non plus d'où provient le nom de Loyalty, qui figure pour la première fois sur la carte d'Arrowsmith, et Krusenstern * doutait encore de l'existence même de cet archipel.

Aussi les instructions données à d'Urville par de Rossel lui prescrivaient-elles, négligeant les côtes de la Nouvelle-Calédonie reconnues par Cook et d'Entrecasteaux, de procurer des renseignements sur la position et l'étendue de ces îles : « Il serait utile 5 que M. d'Urville pût nous en donner une carte complète, mais il est impossible de s'en flatter, puisqu'il n'aura, selon toute apparence, à y consacrer que dix jours. »

Ainsi, pas plus que Cook et d'Entrecasteaux, d'Urville ne pouvait s'arrêter longtemps dans l'archipel Calédonien. Son but essentiel était, dans son premier voyage, comme pour d'Entrecasteaux, la recherche de La Pérouse; dans le second, comme pour Cook, la recherche du continent austral, bien que dans d'autres parages que le navigateur anglais.

Le 15 juin 1827, 1 Astrolabe • arriva en vue d'une des Loyalty; c'était

1. Brainne, Nouvelle-Calédonie, p. 42. Leconte, Mém. piltor., t. II, p. 486.

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