Meinicke, t. I, p
3. Moniteur officiel, 14 février 1854. Cf. Nouv. ann. des voy., 1854, t. XXXVIII, p. 122.
4. Verguet, Histoire de la première mission de Mélanésie, p. 253.
offre au commerce d'abondantes ressources, et par sa position, et par la richesse de ses produits : elle deviendra dans le Pacifique ce que sont dans l'Atlantique Sainte-Hélène (?) et le Cap (?). Ses mines de charbon offriront aux colons d'immenses ressources; le bois de sandal qu'on y cultivera leur ouvrira les trésors de la Chine ; et ses magnifiques prairies leur permettront d'élever d'immenses troupeaux, qui serviront à ravitailler les navires et à rivaliser avec la Nouvelle-Hollande dans le commerce delà laine. Le drapeau français flottera désormais avec plus d'honneur dans ces parages lointains où il rencontrera une nouvelle patrie. »
Le procès-verbal de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie comprenait les dépendances de l'île, mais sans les indiquer d'une manière précise. C'est seulement en 1864 * que, malgré les protestations des missionnaires anglais établis solidement et d'ancienne date dans ces îles 9, on se décida à occuper les Loyalty : « La Grande-Bretagne, s'écriait à ce propos James Hutton 3, ne protège pas assez ses missionnaires ; elle est trop timide. Il est bien regrettable que toutes les îles du Pacifique sud n'aient pas été placées sous le protectorat britannique. »
Quels que fussent les motifs invoqués pour la prise de possession, on connaissait d'ailleurs assez mal, en 1853, la valeur économique de la nouvelle possession française. Devait-elle être une charge sans compensation, un simple poste militaire, ou était-elle au contraire appelée à un avenir sinon brillant, du moins honorable ?C 'étaient là des questions qu'on ne pouvait alors résoudre, et auxquelles on peut aujourd'hui répondre. Il faut donc examiner si le climat de la Nouvelle-Calédonie permet aux Français de s'y acclimater, si la grande île contient des richesses exploitables ; si les Français en fait s'y sont établis et ont mis en valeur l'île Canaque; établir enfin quel rôle elle peut et doit jouer dans l'ensemble du domaine colonial de la France.
1. Cordeil, p. 234. Revue mar. et col., 1866, t. XVI, p. 233.
2. James Hutton, Missionary Life, p. 310. Burckardt et Grundemann, p. 350.