‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 290 sur 393 · D Nicomède, Bourail, p · texte numérisé non relu

D Nicomède, Bourail, p

nie *. En trois ans, avec 90 ou 100 hommes, M. de Rochas n'a ordonné la quinine qu'une fois, pour... une névralgie faciale1. M. Nicomède n'a pas observé un seul cas de fièvre intermittente k Bourail, malgré des défrichements considérables. Les quelques cas fort rares de fièvres intermittentes observés à Nouméa n'ont pas été contractés sur les lieux ; ce n'étaient que des récidives de cette maladie, apportée de localités où elle est endémique, comme Madagascar, Cayenne, l'Algérie, Rochefort. En 1888, on a soigné, à l'hôpital militaire de Nouméa, un grand nombre de fièvres intermittentes, mais c'était l'année de l'expédition aux Nouvelles-Hébrides; c'est là que l'impaludisme avait été contracté, aucun cas n'avait une origine néo-calédonienne 3.

« Il est impossible, disait l'amiral Guillain 4, de rencontrer de meilleures conditions climatériques. L'emplacement de Port-de-France a été desséché, et personne n'a été malade. On a chassé dans les marais, et personne n'a été malade. On a fait des expéditions contre les indigènes et couché sur la terre, personne n'a été malade. » On a pu impunément faire des routes, remuer le terrain de toutes manières, récemment encore à Canala pendant le percement d'un canal 5 ; les Européens ont pu placer leur résidence dans le voisinage de marais et sous le vent de ces marais sans en souffrir.

Pour chercher l'explication de ces faits, qui ont surpris beaucoup d'observateurs, pour comprendre en même temps la pathologie de la Nouvelle-Calédonie et le caractère des quelques maladies qu'on y rencontre, il faut rappeler à quel milieu physique, caractérisé par les conditions atmosphériques et les conditions telluriques, puis à quel milieu social on a affaire. On se convaincra facilement que, malgré des conditions sociales nettement mauvaises, les conditions atmosphériques sont assez bonnes pour expliquer la salubrité exceptionnelle de la colonie.

Les observations météorologiques ne suffisent pas à faire connaître un climat. Il s'agit de connaître l'influence qu'il exerce sur l'homme, sa santé, son activité physique et intellectuelle. Dire que telle ou telle température règne en tel lieu ne renseigne pas à cet égard. C'est l'homme qui est en définitive le véritable instrument de mesure du climat. Le

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