‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 292 sur 393 · Notices illustrées, t. IV, Nouvelle-Calédonie, p · texte numérisé non relu

Notices illustrées, t. IV, Nouvelle-Calédonie, p

3. Orgeas, La pathologie des races humaines, Paris, 1886, p. 286.

4. « L'acclimatement parait moins pénible dans les contrées où Ton constate une véritable saison fraîche. L'économie peut se relever de Talanguissement où la chaleur l'avait jetée. » (Jousset, Arch. mèd. nav., 1883, t. XL, p. 66).

5. Dictionnaire encycl. des Sciences médicales, v° Calédonie.

chaleur que vers le milieu de décembre, et à la mi-avril la saison chaude peut être considérée comme éteinte. Cela importe beaucoup plus que le maximum absolu, élément que météorologistes et géographes sont d'accord pour reléguer tout à fait au second plan. De nombreuses erreurs sont trop souvent commises à cet égard; on semble croire qu'un climat « agréable » est un climat où la différence entre les saisons est très faible, et on insiste d'ordinaire sur ce point lorsqu'on compare le climat algérien et le climat calédonien '. Il peut être vrai, pour les hautes latitudes, qu'un climat « agréable » soit un climat à faibles variations saisonnières. Mais quand il s'agit d'un climat de la zone tropicale, ce climat est d'autant plus facile à supporter pour les Européens que les écarts de température entre les saisons y sont plus accentués. Il en est de même pour les différences de température entre le jour et la nuit; si elles ont quelques inconvénients quant aux affections des voies respiratoires, ou pour les indigènes qui vont nus, elles sont un bienfait pour des gens logés et vêtus convenablement *. Seuls, les brusques changements de température, les variations diurnes, peuvent être incriminés dans certaines maladies que comporte le climat calédonien.

Mais c'est surtout à la manière dont se combinent les vents, les pluies et les éléments hygrométriques qu'il faut attribuer, semble-t-il, la salubrité de la Calédonie. Vents généraux et vents locaux, par leur force et leur direction, balayent et rafraîchissent l'île, « véritable atome au milieu de l'Océan qui l'entoure 3. » La solidité et l'impétuosité de l'alizé, qui, à Nouméa, souffle surtout pendant la saison chaude, et atteint en général sa plus grande force précisément aux heures les plus chaudes du jour 4, sont de première importance pour la santé et l'acclimatement. Pauly a insisté avec beaucoup de raison sur ce point : « Les climats, dit-il B, comme les habitations, se classent en salubres ou insalubres, suivant l'apportplus ou moins large, plus ou moins constant, d'unoxygène actif par les courants de l'atmosphère. » C'est à l'alizé maritime y c'est-à-dire atteignant une terre après avoir soufflé sur de larges surfaces océaniques, qu'il faut attribuer, d'après cet auteur, la salubrité de la Calédonie et des îles analogues du Pacifique 6. L'atmosphère est presque toujours agitée, les calmes sont rares. Si la brise vient à manquer, « on a des nuits accablantes et sans souffle, succédant à des journées lourdes, couvertes... Le travail est à peu près impossible quand la brise du S. E.

1. On s'étonne de rencontrer cette erreur dans M. A. Legrand, La Nouvelle-Calédonie, p. 16 ».

2. De Rochas, Topographie médicale de la Nouvelle-Calédonie , p. 11.

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