Jousset, Arcli. méd. n«u., 1883, t. XL, p. 5i
ne se fait pas sentir *. » Mais le cas n'est pas fréquent : en règle générale, matin et soir il y a échange d'atmosphère terrestre et marine. Outre le bien-être résultant d'une ventilation incessante, on a l'avantage de l'échange d'un air plus ou moins vicié contre l'air pur et bienfaisant de la mer; le vent disperse les poussières et les germes. Il enlève du calorique au corps humain en activant les fonctions de l'enveloppe cutanée.
« Cependant, tout n'est pas pour le mieux, dit M. de Rochas8; les vallées qui viennent s'ouvrir du côté de la mer sont autant de portes ouvertes par où s'engouffre le vent ; leur direction détermine de véritables courants d'air qui tantôt marchent vers l'intérieur des terres, tantôt se précipitent vers la mer. » D'autre part, les montagnes réfléchissent et concentrent la chaleur, comme dans le foyer d'une parabole, sur les villages qu'elles enferment dans leurs vallées. Mais ce sont là faits communs à tous les pays de relief puissant : comme les variations de température auxquelles ils sont liés, ce sont de faibles inconvénients en compensation de grands avantages.
Quant aux agents pluviométriques et hygrométriques, il convient de rappeler la quantité annuelle de pluie assez peu considérable en ellemême, la faible nébulosité, l'évaporation intense, la faible humidité relative, les sécheresses dont se plaignent les colons, les fleuves bus par le vent et le soleil. Il y a d'autres faits encore, par exemple l'absence d'accumulation permanente d'électricité, qui en d'autres pays tend et épuise le système nerveux \ D'autres circonstances mériteraient d'être analysées : non seulement le climat tropical comporte en général une chaleur toujours égale et humide, mais surtout la saison la plus chaude est précisément la saison la plus humide : une pareille chaleur, très favorable à la vie végétale, l'est beaucoup moins à la vie animale, et moins encore à la vie civilisée, surtout pour l'Européen. Or, en Nouvelle- -Calédonie, on n'a pas toujours une chaleur humide, puisqu'il y a une saison où il fait réellement frais et sec ; la saison la plus chaude n'est pas tout à fait la plus humide, puisque la Calédonie a paru soumise à un régime de pluies de toutes saisons avec maximum en automne ; il n'y a pas coïncidence absolue entre l'époque des plus grandes chaleurs et l'époque des plus grandes pluies 4.
Les climats chauds sont dangereux pour l'Européen en raison non pas tant de la température que de l'état hygrométrique de l'air. On supporte facilement des températures élevées quand l'air est sec, difficilement
1. Rochas, in Dictionn. encyd. se. médic. de Dechambre, y*Calédonie.