‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 294 sur 393 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

*. Il y a d'ailleurs des exceptions autres que la Nouvelle-Calédonie dans la zone intertropicale (V. Jousset, Arch. méd. nao., 1833, t. XL, p. 65).

quand il est saturé d'humidité. L'élévation delà tension delà vapeur d'eau, telle est l'influence capitale dans les pays chauds. L'humidité atmosphérique est le grand obstacle à la transpiration cutanée, à l'exhalation normale de la vapeur d'eau par l'expiration pulmonaire, au rayonnement de calorique organique * : « De même, dit M. Treille *, que, pour un climat tropical donné, la saison' sèche est la plus salubre par suite de l'abaissement de la tension de vapeur atmosphérique, et la saison des pluies la plus malsaine pour le motif inverse : de même aussi la contrée la plus salubre sera celle qui offrira la moindre tension de vapeur, quand bien même le chiffre de la température y serait plus élevé qu'en d'autres lieux. » Or la Nouvelle-Calédonie est à cet égard très favorisée : elle peut être considérée comme intermédiaire entre ce qu'on appelle les climats tropicaux et ce qu'on appelle les climats tempérés. C'est pourquoi elle a un des plus beaux climats du monde pour l'Européen et un des mieux adaptés au développement de notre race 3.

Telles sont les conditions atmosphériques: elles ne sauraient être séparées des conditions de situation, de configuration et de relief, puisqu'elles en dérivent. La position de la Nouvelle-Calédonie à la limite du tropique, au centre de l'hémisphère océanique, son orientation du S.E. au N.W, son extrême étroitesse, son puissant relief, sont les causes directes de son climat. Il ne suffit pas de dire que l'île est montagneuse: il faut se souvenir de la structure et de la disposition particulière des montagnes ; il faut surtout tenir compte de la forte pente, qui sur tant de points ne permet ni à la végétation de se fixer, ni à l'humidité de séjourner. L'eau, aussitôt emportée par les torrents, retourne à la mer 4. L'imperméabilité du sol calédonien, qui est fissuré, mais non poreux, est également très salutaire. D'ailleurs, la question est ici secondaire ; perméabilité et imperméabilité sont choses toutes relatives.

La pente fait cependant défaut en quelques endroits, et précisément sur les points où se sont établis les colons, notamment à Bourail. Il y a des marais en Nouvelle-Calédonie8, il y en a de plusieurs sortes : bassins d'eau saumâtre, atterrissements fluviatiles et plages marines. Parmi ces bassins, les uns ne découvrent jamais, les autres découvrent à chaque marée, les autres se vident dans les sécheresses. Lorsque les indigènes étaient plus nombreux, une grande étendue de terre était continuellement arrosée pour les plantations de taro. Les tor-

1 . Nielly, Hygiène des Européens, p. 64 . Treille, De l'acclimatation des Européens, p. 42 et suiv. Jousset, Arch. de méd. nav.y 1883, t. XL, p. 65, 67.

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