‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 296 sur 393 · Dr Nicomède, Bourail, p · texte numérisé non relu

Dr Nicomède, Bourail, p

seulement les plaines, mais l'île entière, y compris le grand massif serpentineux, reposerait sur un soubassement corallien.

Une autre .cause encore a été invoquée; en Calédonie1, il est d'usage populaire d'attribuer l'excellence du climat au Niaouli *, « l'arbre à tous maux ». C'est vraisemblablement une réputation surfaite. Ne constate-t-on pas l'absence de fièvres dans certaines plaines, dans certaines vallées fermées, où le niaouli fait complètement défaut 3 et est remplacé par le palétuvier, l'arbre à malaria par excellence? Pour établir l'action préservatrice de cet arbre, il faudrait l'importer dans les pays connus pour être des foyers de paludisme, et voir quelle est son efficacité. Les essais faits, paraît-il, dans la campagne romaine, ne l'ont pas assainie 4. Tout au plus peut-on le regarder comme un agent de drainage, divisant le sol par ses racines, absorbant une forte quantité d'eau et contribuant ainsi indirectement à l'assainissement. C'est ainsi que se comporte en Algérie l'eucalyptus, frère du niaouli. L'action des émanations balsamiques du niaouli, comme de beaucoup d'autres Myrtacées, n'est pas démontrée. Mieux vaut croire qu'en Nouvelle-Calédonie cette plante ne combat ni ne détruit rien, par la raison toute simple que le miasme dont on la fait l'antagoniste n'existe pas.

En résumé, il faut s'en tenir, comme causes essentielles de la salubrité de la Calédonie, aux conditions de climat et de relief. « Mais, objecte-t-on, que d'îles placées dans des conditions identiques d'aération et de ventilation sont pourtant paludéennes 5 ! » C'est justement ce qu'il faudrait prouver : une étude quelque peu attentive montre combien, dans le Pacifique, le climat diffère d'une île à l'autre. Il est exagéré de dire comme M. Faure-Biguet •, « qu'à latitude égale on ne rencontre nulle part dans l'hémisphère nord ni dans l'hémisphère sud un climat aussi sain. » Partout où des conditions climatériques et orographiques semblables à celles de l'archipel Canaque se trouvent réunies, on trouve une salubrité pareille. Il y a d'autres points, en petit nombre il est vrai, où le travail du blanc est possible sous les tropiques 7 ; Taïti et d'autres îles du Pacifique intertropical, notamment les Fidji 8, sont exemptes de fièvres paludéennes. La Réunion, Maurice, où la fièvre est aujourd'hui fréquente, n'en avaient pas présenté de cas avant 1866. On s'étonne que les Nouvelles- Hébrides ne partagent pas le privilège de la Nouvelle-Calédonie ; ces îles

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