‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 297 sur 393 · Jousset, Arch. méd. nav., 1884, t. XLI, p · texte numérisé non relu

Jousset, Arch. méd. nav., 1884, t. XLI, p

8. IVaprès Bœhmer, Meleor. Zeitschr., 1888, p. 444. Il y a des témoignages moins afflrmatifs; en tout cas, la fièvre intermittente est très rare aux Fidji.

sont très insalubres, et l'impaludisme, d'une ténacité remarquable, s'y contracte souvent après un séjour de quelques journées *. Mais c'est qu'ici les conditions atmosphériques ne sont pas les mêmes : les alizés y sont beaucoup plus intermittents, sujets à des calmes ; on a déjà affaire à un climat de moussons. « Là où l'alizé passe librement et constamment, on voit la forêt vierge se déchirer en fragments; l'air et la lumière pénètrent dans les massifs et la savane herbeuse apparaît 9 » : telle est la Nouvelle-Calédonie. Aux Hébrides au contraire, la chaleur est plus constante et surtout l'humidité beaucoup plus grande ; la végétation est puissan(ey les détritus organiques abondants 3.

Avant de passer en revue les maladies des Français en Nouvelle-Calédonie, il convient de dire un mot du milieu social qu'on y rencontre : « Nous nous trouvons ici, dit le Dr Nicomède \ en présence d'une por pulation spéciale, qui ne vit pas et ne meurt pas comme une autre. Nous avons affaire à des misérables souvent abattus par l'alcoolisme et les privations. » Aussi les morts violente^, et surtout ce que les médecins appellent les « maladies de misère », tuberculose, pneumonie à forme infectieuse, entrent-elles pour beaucoup dans la mortalité. Il se fait en Calédonie une consommation immense d'alcools de toute nature. En 1887 B, si on élimine le vin (valeur 1533000 francs), il reste, pour 20 000 habitants environ, une consommation de 492000 francs d'alcools, représentant 149000 litres, soit plus de 7 lilres par tête. On consomme des alcools dits de Hambourg, de détestable qualité, et beaucoup de liqueurs toxiques comme l'absinthe (plus de 2 litres par tête ; valeur 93800 francs).

A côté de l'élément pénal, que son passé et son genre de vie prédisposent à toutes les maladies, l'élément fonctionnaire et militaire est également dans de mauvaises conditions, pour d'autres causes : beaucoup sont déjà usés et affaiblis par des séjours antérieurs en des colonies malsaines. Ils croient trouver en Calédonie le sanatorium désiré : « C'est là, dit M, Legrand, une erreur; la Nouvelle-Calédonie est un pays salubre, mais chaud. Et pour beaucoup de maladies des pays chauds, il s'y produit le même phénomène que pour la malaria; ceux qui ont antérieurement contracté la maladie éprouvent des récidives dans l'île Canaque. »

« On a dit et répété que les maladies étaient inconnues en Nouvelle- Calédonie. Il ne faut rien exagérer 6 : à Nouméa principalement, il n'en est pas toujours ainsi. Les habitudes des colons ne sont pas celles des

1. Arch. m éd. nav., 1888, t. L, p. 434. Reoue d'ethnogr., 1888, p. 320. Imhaus, Les Nouvelles-Hébrides, p. 13. Monin, Arch. méd. nav.y 1882, t. XXXVIII, p. 428.

Page 1