Nielly, Hygiène des Européens, p
2. « L'expérience a montré, dit M. Jousset, qu'on ne pouvait retirer des sanatoria tous les avantages qu'on en attendait. » {Arch. méd. nav., 1884, t. XL, p. 477). Cf. Id. ibid, p. 485.
3. M. A. Legrand, p. 158. Taillotte, Arch. méd. nav., 1884, t. XLI, p. 383.
4. Il suffit même parfois des moindres reliefs du soi, d'accidents de terrain de quelques mètres d'élévation (Treille, De V acclimatation, p. 73). Cf. Jousset, Arch. méd. nnv., 1884, t. XL1, p. 134 et sujv.
5. J. Rochard, L'acclimatement dans les colonies françaises, R. D. A/., Ie' oct. 1886, p. 655. Jousset, Arch. méd. nav., 1883, t. XL, p. 61.
6. Jousset, art. cité, p. 62. Il y a, d'ailleurs, d'autres raisons pour que l'altitude
On sait que, dans les pays chauds, la respiration, le pouls, la chaleur animale, les fonctions de la peau, des reins, du foie, du tube digestif, sont généralement modifiées dans leur économie1, même en l'absence de toutes maladies. Ce travail physiologique, qui constitue à proprement parler l'acclimatation *, doit se produire en Nouvelle-Calédonie, puisque le climat n'est pas absolument identique à celui de la mère-patrie. Mais on n'a aucun document à cet égard ; d'ailleurs ces modifications doivent être réduites au minimum, comme les actions climatériques qui leur donnent naissance.
Quant à la pathologie de la Nouvelle-Calédonie, elle peut être considérée comme intermédiaire 8 entre celle des pays chauds et celle des pays tempérés. On observe à la fois en Nouvelle-Calédonie des maladies des pays froids, comme les bronchites, les rhumatismes, et des affections des pays chauds, abcès du foie, dysenterie, ophtalmies. Dans ces maladies, on le sait, le milieu social doit être plus souvent incriminé que le climat. Comme on a affaire à des centres en voie de formation et que la série envisagée est courte, quelques considérations sur les maladies des Européens en Calédonie valent mieux que des statistiques*.
« La fièvre intermittente, la dysenterie, l'hépatite avec abcès du foie, c'est là une sorte de trilogie, qui fait l'insalubrité extrême des pays chauds5. » De ces trois maladies qui déciment les Européens dans les régions intertropicales, la première, on l'a vu, est inconnue en Calédonie. Il n'en est pas tout à fait de même des deux autres. La dysenterie 6 se présente en Calédonie avec un véritable caractère endémique ; elle ne cesse jamais de se montrer soit sur la population indigène, soit sur la population européenne. Mais elle est ordinairement bénigne; en quatre ans, sur 112 cas traités, 7 seulement ont été mortels; en 1888, sur 45 cas traités, il y a eu un seul décès, fourni par un matelot du Dupleix, qui avait contracté l'affection à Madagascar depuis plusieurs années. La dysenterie donne néanmoins, à l'hôpital militaire de Nouméa, 4 p. 100 des décès de 1860 à 1873, 9 p. 100 de 1873 à 1882.
L'hépatite suppurative, avec sa terminaison la plus redoutable, l'abcès du foie7, a présenté en Calédonie une marche assez singulière.
ne compense pas, comme on le dit trop souvent, la latitude (absence des saisons, des inégalités des jours et des nuits, etc.).